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VII - "La lente maturation des usages"

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Dossier "Les progiciels de gestion de la formation et des compétences", in L’inffo formation n° 757, 1er au 15 décembre 2009


Questions à Jean-François Lansard, directeur de missions RH au CXP

Auteur en 2004 d’un article sur “Le marché des progiciels de gestion de la formation professionnelle” publié dans le n° 193 de notre revue Actualité de la formation permanente, Jean-François Lansard, directeur de missions RH au CXP, centre de veille et d’expertise indépendante sur les progiciels, balaie avec nous les grandes tendances du moment.

Où en sommes-nous de la gestion informatisée des compétences ?
Jean-François Lansard - Vraiment, “ça monte”, la quasi-totalité des éditeurs font maintenant le lien entre la gestion de la formation et la gestion des compétences. Même si par ailleurs, côté clients, on constate que l’implémentation réduit les ambitions. Il est plus facile de s’employer à automatiser la gestion de la déclaration 2483 que de bâtir le plan en réfléchissant aux liens avec la gestion des compétences. Cela dépend aussi de la taille des entreprises. Il est évident que les petites entreprises sont surtout intéressées par la possibilité de simplifier leurs obligations fiscales, quand les plus grandes sont elles obligées de faire le lien avec la GPEC.

La jonction avec le “knowledge management” a-t-elle eu lieu ?
Jean-François Lansard - Non, le KM, c’est-à-dire la gestion des connaissances, a totalement disparu des discours. Le projet sous-jacent qui visait à la modélisation des connaissances de l’entreprise était sans doute trop ambitieux. Cela ne veut pas dire que la problématique est oubliée mais que l’on n’envisage plus de la traiter via une unique application dédiée. Le sujet s’aborde désormais de manière transversale, aussi bien à travers les applications web 2.0. dont l’entreprise peut disposer, qu’au travers de ses modules e-learning, de ses outils de gestion des compétences ou de gestion documentaire.

Ces progiciels impliquent-ils davantage le salarié ?
Jean-François Lansard - La décentralisation du processus formation n’a pas vraiment eu lieu. Le Dif a peut-être un peu joué ce rôle, mais le fait est que les besoins du plan de formation continuent de venir de l’employeur. Ce sont surtout les managers, en tant que prescripteurs, qui ont accès aux applications.

Comment réussir la mise en place d’un progiciel ?
Jean-François Lansard - Le plus important, c’est de savoir ce que l’on veut et d’être capable de l’expliquer dans un cahier des charges. Mieux vaut aussi disposer d’un “sponsor”, c’est-à-dire de quelqu’un de bien placé au comité de direction de l’entreprise, qui sera capable de vous soutenir tout au long du processus. Après avoir pris le temps d’effectuer un véritable “tour du marché” destiné à ce que le prestataire retenu soit bien le résultat d’un choix et non du hasard, il faut ensuite s’atteler à la gouvernance du projet. Cela passe par une cellule compétente et réactive, idéalement pilotée par un chef de projet informatique et un chef de projet fonctionnel qui, évidemment, s’accordent bien. Pour une petite entreprise, un chef de projet fonctionnel suffit, mais pour les grandes, il est vraiment important de ne pas négliger la DSI. Enfin, il ne suffit pas de nommer les personnes, il faut aussi leur donner du temps. Le chef de projet fonctionnel devrait être affecté à part entière sur la mission.

Quelle tendance devrait suivre le marché ?
Jean-François Lansard - Il y aura sans doute une meilleure adéquation entre les dispositifs e-learning et les modules de gestion de la formation, par exemple, au niveau de l’automatisation de l’intégration des résultats. On peut aussi dire que si les progiciels savent désormais bien gérer les spécificités françaises comptables et fiscales de la formation, la vraie problématique, que l’on retrouve dans tous les pays, c’est la question des allers-retours entre la gestion des formations et la gestion des compétences.

Propos recueillis par Nicolas Deguerry

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