« Aujourd’hui, la formation professionnelle s’articule autour d’un contenu établi à l’avance, mais demain, ce sont les connaissances des apprenants qui structureront les apprentissages. Et les possibilités induites par le web 2.0 vont clairement dans ce sens ! » Pour Jean Vanderspelden [1], ancien du réseau APP et consultant ITG, l’irruption des nouvelles technologies de l’information et de la communication amène à repenser le rôle du formateur, qui, de "transmetteur" est amené à évoluer vers une fonction de "facilitateur". A cet effet, Jean Vanderspelden a créé le concept de "Woab", une formation ouverte sur les enjeux croisés entre le web 2.0 et la formation ouverte et à distance (FOAD). Développé pour l’organisme Classilio, ce dispositif prend la forme d’une classe virtuelle de 7h30, répartie en cinq modules d’une heure et demie chacun. Une classe qui a ouvert ses portes (virtuelles, bien entendu) le 10 novembre 2011 pour une première session rassemblant trois étudiants (responsables de formations ou des ressources humaines de leurs institutions) pouvant bénéficier des enseignements dispensés depuis Rouen par le consultant alors qu’eux-mêmes sont basés à Toulouse, Rennes ou Paris.
« La classe virtuelle n’est pas la solution-miracle aux besoins en formation » confesse toutefois Jean Vanderspelden, « mais elle représente tout de même un outil technique très intéressant puisqu’à la fois collective et synchrone. En outre, les contenus sont enregistrés et donc susceptibles d’être visionnés à plusieurs reprises ». Pour le formateur, l’échange ne se limite pas à une visio-conférence par webcams interposées puisque sa formule permet la diffusion de documents (powerpoints, dossiers partagés, vidéos, etc.) susceptibles d’illustrer ses propos ou offrant des données aux internautes-apprenants. « Développer une classe virtuelle pour sensibiliser des responsables de formation ou RH aux ressources numériques constituait une manière de créer une adéquation entre le fond et la forme » précise le consultant pour qui, ce mode de formation est amené à se pérenniser du fait de la présence croissante du web dans les entreprises : « les cartes de la société apprenante sont en train d’être rebattues » avertit-il, « Le contexte de l’accès à la connaissance doit être redéfini et tous les travailleurs du savoir doivent désormais en tenir compte ».
Une mutation sociale autant que technologique amenée, selon Jean Vanderspelden à entraîner une évolution des pratiques de formation : « les organismes de formation vont être amenés à développer des contenus en tenant compte des besoins de leurs apprenants et non plus en piochant dans des catalogues sur étagères généralistes » ajoute le consultant qui vise à créer la meilleure synergie possible entre les outils technologiques issus du web 2.0 et une pédagogie basée sur la valorisation des activités de l’apprenant : « la classe virtuelle présente un intérêt majeur pour la création de nouveaux espaces-temps de la formation professionnelle ». [2]
par Benjamin d’Alguerre
in Le Quotidien de la formation, 7 novembre 2011
































