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Restructurer les organismes de formation pour une offre plus stratégique

L’occasion pour les professionnels du milieu de préciser la manière par laquelle ils comptent s’organiser pour répondre aux nouveaux besoins des entreprises et des salariés. « L’idée de la loi, c’est de miser sur l’intelligence et la responsabilité des acteurs. C’est pour cette raison que nous l’avons largement soutenue à la Fédération de la formation professionnelle », commente Jacques Abécassis, conseiller qualité à la FFP [1].

Le sujet qui préoccupe les organismes de formation, c’est la baisse de la dépense en formation. « Les entreprises consacrent souvent plus que le minimum légal à la formation de leurs salariés. Mais le nouveau système ouvre une exigence : la dépense utile. C’est pour cette raison que nous devons être attentifs à construire une offre de qualité pour répondre aux attentes de tous les publics. » Cette question de la qualité de l’offre est dans toutes les têtes. Pour rester concurrentiels, les organismes de formation doivent impérativement fournir une prestation optimisée. « Nous ne sommes pas inquiets à la FFP car nous développons déjà des démarches qualitatives encadrées par des normes NF ou encore ISO [2]. De plus la démarche OQPF [3] est une obligation statutaire pour nos adhérents. ». Dans le même temps, ils développent des processus d’évaluation afin de mesurer la performance. « Le travail, avec des experts et au sein de nos commissions, a abouti à l’élaboration d’indicateurs que nous diffusons à nos entreprises. » Une démarche qualité qui contribue à crédibiliser l’offre. « Il est nécessaire de passer du mode de contrôle au mode de l’évaluation. D’autant plus que l’on peut contrôler tout en évaluant », affirme Philippe Huguenin-Génie, directeur général adjoint d’Opcalia.

Les organismes de formation doivent également se perfectionner dans la communication. « Nous devons nous adresser à tout le monde : aux institutions, aux Régions, aux entreprises ou encore aux individus. Il sera essentiel d’adapter la commercialisation de nos formations et d’aider nos adhérents à se positionner en la matière. », reprend le conseiller qualité de la FFP.

Autre idée introduite par la loi du 5 mars, celle de diriger la formation vers ceux qui en ont le plus besoin. Le compte personnel de formation attaché à l’individu quel que soit son statut permettra demain d’ouvrir des droits supplémentaires aux demandeurs d’emploi. De plus, une plus grande mutualisation en faveur des TPE-PME devrait créer une dynamique positive en matière de formation dans les petites structures. « Face à ces changements, nous devons nous demander comment redonner de l’appétence à la formation et comment libérer le salarié et le rendre plus disponible dans les plus petites entreprises », s’interroge Michel Clézio, président de la Fédération nationale des Urof [4]. « La responsabilité du salarié est un point délicat. Dans les années 70, on se formait pour s’émanciper. Aujourd’hui, c’est fini. La conjoncture nous oblige à réfléchir en termes d’employabilité. Nous avons la responsabilité de travailler ensemble pour faire en sorte que les individus prennent en main leur employabilité. Et nous devons faire en sorte que les organismes de formation soient des recours évidents. »

Célia Coste
Article paru dans Le Quotidien de la Formation du 18 juin 2014.

[1Fédération de la formation professionnelle.

[2Normes françaises et internationales.

[3Office Professionnel de Qualification des Organismes de Formation qui délivre aux organismes de formation un certificat de qualification professionnelle pour attester de leur professionnalisme.

[4Unions régionales des organismes de formation.

Mis en ligne le 26 juin 2014

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