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Jour tragique à Charlie hebdo : 12 morts

Lundi 16 novembre 1970, l’hebdomadaire Hara kiri osait ce titre en une : « Bal tragique à Colombey : un mort ». À sa manière, audacieuse, libre, insolente et satirique, le journal « bête et méchant » saluait la mort du général de Gaulle. 44 ans plus tard, mercredi 7 janvier, deux individus lourdement armés ont tiré sur la rédaction de Charlie hebdo [1], dans ses locaux à Paris, faisant 12 morts, selon un bilan provisoire à l’heure où nous bouclions la présente édition. Ce bal tragique au sinistre retentissement nous concerne tous, journalistes et citoyens dans leur ensemble.

Selon une rescapée de la rédaction, les assassins se seraient réclamés de l’organisation fondamentaliste musulmane Al Qaida. Le 8 février 2006, Charlie publie des caricatures du prophète Mohammed qui scandalisent certains musulmans. Le journal reçoit alors ses premières menaces. En 2011, l’explosion d’un cocktail molotov provoque un incendie qui détruit le siège de la publication. Les locaux de l’hebdomadaire étaient constamment surveillés. Mais les deux policiers affectés à sa surveillance sont morts, eux aussi, hier matin.

Mercredi dans la soirée, des dizaines de milliers de personnes de tous partis et de toutes confessions se sont rassemblées place de la République à Paris pour rendre hommage à l’équipe de Charlie hebdo, dont certaines figures comme les dessinateurs Cabu, Wolinski, Charb (directeur du journal) et l’économiste Bernard Maris (« Oncle Bernard ») étaient connues d’un large public. Solidaire des victimes et de la douleur de leurs proches, cette foule de citoyens a scandé le slogan « je suis Charlie », dans un élan résolu et unanime en faveur de la liberté d’expression.

David Garcia
Article paru dans Le Quotidien de la Formation du 8 janvier 2015.

[1Héritier de Hara kiri.

Mis en ligne le 8 janvier 2015

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