Accueil > A la une > Actualités 2015 > Un permis contre l’exclusion

Un permis contre l’exclusion

Aujourd’hui 27 octobre est lancé le « mois de l’économie sociale et solidaire » au Ministère de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique avec, pour commencer, la remise par le réseau des 26 Chambres Régionales de l’Économie sociale et solidaire (Cress) et le Conseil national des Cress, d’un prix à une entreprise du secteur particulièrement « audacieuse », alliant « performance économique durable, impact environnemental, développement de l’emploi, lien social et rayonnement territorial. » dans quatre domaines : la performance économique, l’impact local, l’innovation sociale et un prix spécial coup de cœur. Parmi les 50 entreprises sélectionnées (sur 417 postulantes) pour obtenir l’un des quatre prix, certaines ont fait de la formation le moteur de leur activité. Ainsi, la société de transport, logistique et insertion Main forte se distingue par les parcours qu’elle propose. « Nous accueillons des publics très divers que nous formons à la livraison dans des petites camionnettes, ensuite ils quittent notre entreprise pour passer un permis camion et nous les ré-embauchons », explique Élisabeth Dargent , la directrice.

Deux conditions sont exigées pour entrer dans l’entreprise qui emploie en permanence 50 personnes en contrat à durée déterminée d’insertion -CDDI- et compte 15 encadrants techniques. Premièrement : être demandeur d’emploi de longue durée, pour bénéficier de l’agrément de Pôle emploi qui permet d’entrer dans un parcours d’insertion. Deuxièmement, il faut être titulaire d’un permis B pour pouvoir rapidement participer aux livraisons. « Nous leur proposons alors un premier CDDI de 4 mois. Au début, ils sont accompagnés dans leurs tournées par un formateur. Cela peut durer d’une demi journée jusqu’à 3 semaines en fonction de leur degré d’autonomie. C’est l’occasion d’évaluer leur assiduité. Ensuite généralement nous leur proposons un deuxième CDDI. Il spoursuivent les livraisons et en parallèle, nous étudions aussi les possibilités pour faire financer leur permis poids lourd », poursuit Élisabeth Dargent.

Une fois formés, ils sont réembauchés

Dans le secteur du transport routier peut être plus qu’ailleurs, le plus difficile n’est pas d’obtenir le diplôme mais de décrocher son premier poste. C’est pourquoi une fois le permis en poche, les bénéficiaires ont l’occasion de signer un troisième CDDI de 4 à 6 mois avec Main forte, pour bénéficier d’une première expérience professionnelle dans ce domaine souligne Élisabeth Dargent. « Pendant la période où ils passent leur permis ils ne sont plus salariés de Main forte, mais nous les embauchons prioritairement ensuite. Le plus difficile est de trouver ce premier poste. Les employeurs hésitent à confier un camion à un débutant. »

Ce concept porte ses fruits, dans la mesure où sur la centaine de personnes qui bénéficient d’un CDDI chaque année chez Main forte, 60 % ont trouvé un CDI ou un CDD de plus de six mois dans l’année qui suit leur sotie définitive de Main Forte. À l’heure où nous bouclons, impossible de savoir si, ce soir, Main forte fera partie des lauréats de la première édition du prix de l’Économie sociale et solidaire.


Par Cédric Morin - Le Quotidien de la formation du 27 octobre 2016

Mis en ligne le 27 octobre 2015

Portfolio