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"Le Plan 500 000 sera le marqueur des ambitions de la loi du 5 mars 2014" (Yanic Soubien)

Ancien vice-président emploi-formation de Basse Normandie, Yanic Soubien a été nommé, le 14 février dernier, conseiller auprès de Clotilde Valter, secrétaire d’Etat à la Formation professionnelle et à l’Apprentissage. Dans ce cadre, l’ancien élu écologiste sera plus particulièrement en charge de la mise en œuvre du plan « 500 000 formations pour les demandeurs d’emploi ».

Il y a loin de Taillebois (la commune de l’Orne dont il a été maire) à la rue de Grenelle. Durant 12 ans, Yanic Soubien aura occupé le poste de vice-président de la région Basse-Normandie en charge des questions de formation professionnelle. Une fonction qui l’aura amené à porter ces dossiers tant devant l’Association des régions de France (ARF) que durant les séances de travail de la concertation quadripartite sur la réforme de la formation professionnelle devenue, suite à la loi Sapin du 5 mars 2014, le Conseil national de l’emploi, de la formation et de l’orientation professionnelles (Cnefop).

Privé de son siège au Conseil régional en décembre 2015 suite à la victoire de la liste UDI-Les Républicains menée par Hervé Morin dans une Normandie réunifiée, l’ancien élu écologiste (qui menait la liste EELV lors de ces élections) n’aura pas mis longtemps pour retrouver de nouvelles fonctions en intégrant, mi-février, le cabinet de la secrétaire d’État à la Formation Professionnelle et à l’Apprentissage, Clotilde Valter. Normande, comme lui. « Clotilde Valter cherchait quelqu’un qui disposait d’une solide expérience en matière de formation professionnelle, mais qui disposait aussi d’une connaissance des concertations quadripartites tant au niveau régional que national. Comme j’ai participé aux travaux qui ont donné naissance au Cnefop, aux Crefop, au Copanef [1] et aux Coparef [2]elle m’a choisi pour occuper ce poste » explique Yanic Soubien à l’occasion d’un entretien accordé au Quotidien de la formation, jeudi 25 février.

Les Régions en première ligne

Ce n’est donc pas un hasard si l’ancien élu normand se retrouve en charge du plan « 500 000 formations pour les demandeurs d’emploi » qui devrait être lancé le 1er mars prochain. « Pour moi, ce plan, c’est le marqueur des ambitions contenues dans la loi Sapin de 2014 qui étend le pouvoir des régions sur les questions de formation professionnelle ». Les Régions vont en effet se retrouver en première ligne dans ce projet gouvernemental qui vise à permettre l’entrée en formation d’un million de chômeurs – les 500 000 liés au plan auxquelles s’ajoutent les 500 000 entrées en formation annuelles gérées par le service public de l’emploi – courant 2016. « Un gros dossier » prévient Yanic Soubien.

D’autant plus gros qu’en dépit de la rencontre du 2 février entre le chef de l’Etat et les présidents de Conseils régionaux visant à déterminer les conditions de mise en application du plan (notre article), plusieurs nouveaux dirigeants de Régions au premier rang desquels Laurent Wauquiez (Auvergne-Rhône-Alpes) et Christian Estrosi (PACA) ont laissé entendre qu’ils ne souhaitaient pas s’associer à un projet piloté par le gouvernement. « Il y a eu des affichages politiques de certains nouveaux présidents de Régions. Il y a aussi des analyses et des interprétations différentes des objectifs du plan, ce qu’on peut comprendre, mais au-delà de ça, rien ne dit que les régions réfractaires ne répondront pas présent le moment venu », tempère Yanic Soubien. De fait, pour l’instant, aucun exécutif régional n’a signifié son intention de boycotter la future réunion État-régions du 29 février prévue pour étudier les possibilités d’engagement de chacun. D’autant qu’avec la création de nouvelles instances territoriales chargées de piloter les questions d’emploi et de formation au niveau local (qu’il s’agisse des Crefop ou des Coparef en charge de lister et faire remonter les certifications éligibles au compte personnel de formation), les régions sont désormais bien mieux armées qu’elles ne l’étaient du temps des CCREFP [3] ou des Copire [4] pour prendre leur place dans le « plan 500 000 ». Un plan qui, selon lui, pourrait n’être que l’amorce d’autre projets de formation à grande échelle sur lesquelles les Régions se verraient mobilisées à grande échelle.

En prenant ses fonctions rue de Grenelle, Yanic Soubien a-t-il laissé son appartenance politique au vestiaire ? La question mérite d’être posée à l’heure où l’avant-projet de loi sur la réforme de Code du Travail divise la gauche et où son propre camp – EELV – s’affiche en porte-à-faux vis-à-vis du gouvernement. « Je ne suis pas venu à ce poste au titre de mon étiquette politique  » répond l’intéressé, « je suis toujours militant, mais ici, je suis un fonctionnaire de l’État comme je l’étais auparavant au rectorat de Basse-Normandie. C’est en tant que conseiller technique et d’expert au service de la politique de l’État que j’agis dans le cadre de mes nouvelles fonctions ».

Benjamin d’Alguerre - Le Quotidien de la formation du 26 février 2016

[1Comité national interprofessionnel pour l’emploi et la formation.

[2Comités régionaux interprofessionnels pour l’emploi et la formation.

[3Comités régionaux de l’emploi et de la formation professionnelles. La dimension "orientation" n’était pas présente dans leurs attributions

[4Commissions paritaires interprofessionnelles régionales pour l’emploi. d’où étaient exclues les questions de formation et d’orientation.

Mis en ligne le 26 février 2016

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