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Une journée riche en débats à l’université d’hiver

Trois articles du quotidien de l’université pour un premier retour sur les tables rondes du 28 janvier avec un point sur les nouvelles stratégies d’achat et d’anticipation des besoins en formation, et une contribution relative à l’implication des branches dans la politique de certification.

L’achat de formation, fortement impacté par la réforme et les évolutions digitales

Quelle stratégie développer pour financer et acheter de la formation à l’aune des muta-tions induites par la réforme du 5 mars 2014 et des évolutions économiques et technologiques ? Répondre à ce questionnement était tout l’enjeu de la table ronde dédiée à ce thème, jeudi 28 janvier, lors de l’Université d’hiver de la formation professionnelle organisée par Centre Inffo.

« Il y a une forme d’ubérisation de la formation professionnelle, avec des cursus plus courts et qui mixent la formation à distance, et en présentiel  », souligne Jean-Pierre Delfino, le directeur général d’Unifaf. De son côté, Joël Ruiz, le directeur général d’Agefos-PME, souligne l’évolution du comportement des entreprises depuis juin 2015, avec une phase de sidération, puis de révolte et enfin d’adaptation, face à la mise en œuvre de la réforme. « Nous sommes dans cette dernière étape, depuis septembre nous avons instruit 5000 demandes de comptes personnels de formation dont 2000 sur les deux derniers mois de l’année. »
De son côté, Place de la formation, qui travaille avec des entreprises de toutes tailles, confirme que ces dernières ont bien compris qu’elles devaient changer leurs pratiques d’achats de formation. A cet égard, le courtier et prestataire de services observe bien une réduction des formats des cursus. « Elles ont conscience que la digitalisation des cursus est une des solutions pour à la fois réduire les formats, former plus en volume, mais aussi repérer et répondre aux besoins beaucoup plus vite, pour rester compétitives. Elles doivent donc optimiser leurs modes d’achat mais aussi l’organisation de leurs achats », explique Jérôme Lesage, le fondateur de Place de la formation. « Dans les grandes entreprises, nous observons un autre phénomène nouveau, il s’agit des achats disséminés. Les services d’une centrale d’achat permettent de les optimiser, ajoute-t-il.
Comment anticiper les besoins en formation
Comment anticiper les besoins en formation avec une visibilité à quelques mois sur leur évolution et sur celle de nombreux métiers ? Si le constat ne tient pas pour l’ensemble des secteurs économiques, c’est bien la tendance générale, et, cette problé-matique est particulièrement prégnante dans la nouvelle économie ou les secteurs liés à la transition énergétique. « Certains métiers créés il y a 15 ans n’existent déjà plus, c’est très compliqué quand on fait de la prospec-tive de s’adapter à ce rythme effréné », illustre Jacques Peyrondet, le président de Digital Aquitaine, un pôle d’excellence dédié au numérique, jeudi 28 novembre, lors de l’Université d’hiver de la formation professionnelle, organisée par Centre Inffo à Biarritz.
Forte de ce constat, la fédération de la plasturgie, 3800 entreprises et 130 000 salariés, a mené une mission pour identifier les besoins à l’horizon 2030, dans une branche composée essentiellement de PME sous-traitantes pour des secteurs aussi divers que l’aéronautique, la grande distribution... Un travail mené par un think-thank composé d’industriels et de spécialistes de la formation notamment. « Notre rôle est d’apporter une vision et un accompagne-ment par rapport aux enjeux stratégiques des entreprises. Nous avions deux solutions, premièrement nous pouvions faire appel à un cabinet de consultants. Nous avons préféré innover et prendre des risques, en construisant un projet collaboratif  », explique Florence Bonnet-Touré, déléguée générale adjointe de la fédération de la Plasturgie.
Ce travail a permis de mettre en évidence qu’à défaut de connaître les matériaux du futur, il fallait former les salariés à les repérer et à préparer leur industrialisation. « Deuxième enseignement, il faut favoriser la transdisciplinarité, car désormais un ingénieur doit savoir collaborer avec un commercial, ou un designer. Enfin il est primordial d’initier une culture de travail collaborative, l’agilité, pour permettre notamment aux équipes mixtes d’anticiper les besoins de demain », souligne Florence Bonnet-Touré, déléguée générale adjointe de la Fédération de la Plasturgie. A partir de cette expérience, un groupe d’une soixantaine d’industriels, chercheurs, journalistes, formateurs, étudiants ont mené une réflexion sur les axes de formation à développer pour répondre aux futurs besoins industriels.
La logique de certification intégrée dans la stratégie des branches
Quel rôle dans le dialogue social pour la gestion des compétences et l’accompagnement vers la certification ? Une question abordée lors de la dernière table ronde thématique qui se tenait jeudi 28 janvier dans le cadre de l’Université d’hiver de la formation professionnelle. « La réforme de 2014 renforce donc la place des parcours de formation conduisant à des certifications plurielles. Pour autant, la mise en œuvre de formations nécessaires à l’adaptation des compétences reste le cœur de l’obligation des entreprises. Elle est d’ailleurs le fondement de la nouvelle obligation de l’employeur de financer directement la formation de ses salariés à côté de la nouvelle contribution légale versée intégralement à un OPCA unique », rappelle Jean-Philippe Cépède, directeur juridique de Centre Inffo.
Quelles sont alors les possibilités d’accès offertes aux certifications développés par les partenaires sociaux des branches ? « La logique de la certification dans le cadre du développement des parcours professionnels connaît une accélération induite par la loi », précise François Falise, directeur de la formation à la Fédération française du bâtiment. Du côté de l’Union des industries chimiques (UIC), la focale a été placée sur la reconnaissance de compétence.
« 30 % de nos salariés sont des ouvriers, 40 % des techniciens et agents de maîtrise et 30 % de cadres. Majoritairement, ce sont donc des populations qualifiées. Toutefois, nous observons que les connaissances et compétences acquises tout au long de la vie dans les parcours de vie et professionnels, ne sont pas forcément reconnues. Nous sommes entrés dans cette problématique en développant la création de certificats de qualification professionnels ou encore le recours à la validation des acquis de l’expérience (VAE). ».

Mis en ligne le 28 janvier 2016

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