C’est le comment qui suscite des interrogations. Les intervenants de la première table ronde sur la gouvernance de la formation ont débattu de cette question lors de la matinée d’actualité Réforme de la formation : ce que la loi va changer, organisée à Paris par le Centre Inffo le 5 novembre.
Isabelle Eynaud-Chevalier, chef du service des politiques de l’emploi et de la formation à la DGEFP a noté que le système français était « caractérisé par une pluralité de pilotes » et jugé que « l’imbrication des responsabilités ne favorise pas la convergence et la cohérence des initiatives. » Elle a confirmé que la loi donne au (Conseil national de la formation professionnelle tout ua long de la vie (CNFPTLV). « une instance qui existe déjà et qui a fait la preuve de son utilité » des compétences élargies pour être « le lieu de cette instance de concertation et d’amélioration de la complémentarité des acteurs ». Elle a également souligné l’importance de la mission d’évaluation qui lui a été conférée, faisant du CNFPTLV « le vecteur de la mise sous tension du système qui doit permettre de garantir qu’il y ait un service pertinent rendu au plus près des besoins des entreprises et des territoires. »
Approbation par Jean-Claude Carle, sénateur (UMP) de Haute-Savoie et rapporteur de la commission spéciale du Sénat sur le projet de loi, qui a estimé que l’organisation était dorénavant « mieux ciblée ». Il estime que le système précédent était « défaillant au niveau de l’évaluation », et a précisé que la mission avait été finalement confiée au CNFPTLV, plutôt que de créer une agence, comme initialement recommandé par son rapport.
S’il s’est également félicité que le CNFPTLV, où siègent tous les acteurs, soit le lieu adéquat de l’évaluation, Stéphane Lardy, secrétaire confédéral de Force ouvrière, s’est déclaré dans l’attente de savoir qui va « prendre le manche » dans la définition de la stratégie nationale coordonnée. Citant à titre d’exemple la récente fusion ANPE-Assedic « On voit qui fait la stratégie, qui fait la coordination : c’est l’État (…) Quant vous rentrez dans des systèmes de tripartisme, quadripartisme, c’est toujours l’État qui reprend la main », a-t-il constaté. Il a réclamé plus de moyens pour l’instance et demandé que soit éclaircie la notion de politique nationale coordonnée au-delà de ce qu’établiront les décrets.
Alain Druelles, chef du service formation du Medef s’est rangé sur la même ligne, et a aussi justifié la nécessité de moyens supplémentaires pour l’instance nationale, notamment pour l’évaluation, surtout si celle-ci doit être conduite au niveau de chaque bassin d’emploi.
Béatrice Delamer
Article paru dans Le Quotidien de la Formation du 6 novembre 2009.
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