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iLearning Forum 2009 ne connaît pas la crise

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Des organisateurs aux prestataires venus livrer leur vision du marché, le 18 novembre a vu tout le monde s’accorder sur la bonne santé du secteur du e-learning, à l’occasion de la conférence de presse de lancement du salon iLearning Forum 2009 qui se tiendra les 19 et 20 janvier prochains à Paris.


A la satisfaction de Serge Ravet, directeur de l’association européenne des professionnels du e-learning EIfEL et co-organisateur de l’événement, qui a augmenté de 50% la surface disponible et enregistre déjà 75% de réservations, « signe d’activité accrue, particulièrement en France », répond en effet la confiance de Philippe Gil, co-directeur du prestataire Demos eLearning Agency, qui décrit un marché mature définitivement sorti du temps des hésitations et expérimentations. Un optimisme guère ébranlé par la crise financière qui ne devrait pas, selon lui, impacter durablement l’investissement formation sur lequel repose la valeur du capital humain aujourd’hui plus que jamais nécessaire : « Nous ne sommes pas dans une logique d’économie mais dans une logique d’optimisation de la formation et de la qualité ».

Cinq bonnes pratiques pour réussir ses projets e-learning
Autre prestataire présent à iLearning Forum 2009, l’éditeur Cornerstone OnDemand, spécialisé en solutions logicielles intégrées de gestion et diffusion des compétences et de la formation, promeut cinq bonnes pratiques pour réussir ses projets e-learning : « impliquer les apprenants » dans la conception et la construction des parcours, « communiquer les bons messages » en privilégiant la dimension formation à la dimension technologique, « impliquer les managers des apprenants » de manière à ce qu’ils soient les ambassadeurs de l’intérêt pédagogique, « communiquer sur le long terme » de façon à maintenir une pression positive et, enfin et surtout, « lier l’e-learning à un contexte métier précis » pour garantir le caractère opérationnel du projet.
Contact : www.cornerstoneondemand.fr

Parmi les nouveautés de l’édition 2009 annoncées par Serge Ravet, l’organisation d’une conférence sur la reconnaissance et l’accréditation des compétences, qui devrait permette d’aborder trois problématiques clés : « permettre aux apprenants individuels de gérer leur propre apprentissage, connaissances, compétences et développement professionnel continu, permettre aux organisations apprenantes d’offrir un cadre pour l’apprentissage organisationnel et le développement des compétences, permettre aux villes et régions apprenantes d’offrir un cadre pour l’innovation, le développement et l’inclusion sociale ». Un sujet qui renvoie à la VAE, problématique qui serait mal comprise par la représentation politique, comme le montre selon lui l’évaluation du dispositif de VAE [1] conduite par Eric Besson : pourquoi prétendre que « la VAE ne peut rester qu’un dispositif quantitativement marginal » qui doit être limité « à 60 000 VAE délivrées chaque année » [2] quand les Britanniques « en ont délivré 612 000 de juin 2006 à juin 2007 » ? Pourquoi la France ne met-elle pas en œuvre un système d’ « assurance qualité » à l’image des Pays-Bas qui ont produit une « norme pour l’évaluation des fournisseurs de VAE » ?

Au centre des évolutions à venir relatives au fonctionnement des entreprises et de l’apprentissage, le directeur d’EIfEL évoque « une tendance forte, [qui voit] le déplacement du centre de gravité de la gestion des données personnelles de l’organisation vers la personne. » Soulignant l’échec des « approches classiques qui n’ont pratiquement rien changé », Serge Ravet invite les acteurs de la formation à se lancer dans une vaste opération de « benchlearning » dans l’objectif de revisiter en profondeur les processus d’apprentissage. Et de souligner qu’une amélioration de l’apprendre à apprendre suppose une évolution de « l’apprendre à enseigner », comme le suggère l’exemple norvégien qui investit l’apprenant d’un rôle actif dans la production même des ressources pédagogiques (voir encadré).

Vers un savoir co-construit
« L’étudiant développe et produit des ressources d’apprentissage dans le cadre de son processus d’apprentissage […] les affine et les dépose dans son portfolio personnel (e-portfolio). Le contenu de son portfolio est partagé avec d’autres étudiants. Son contenu est facilement accessible comme objets d’apprentissages ou comme matériaux pour de futures études ou de futurs emplois. »
> Strategy for digital learning resources in higher education 2005-2008

Une nouvelle répartition des rôles qui ne concerne pas seulement la formation initiale mais que l’on retrouve tout au long de la vie sous l’influence du développement des « réseaux sociaux », ces derniers ayant selon les organisateurs un puissant rôle à jouer en matière de diffusion et de transmission de connaissances. D’où un plaidoyer pour une « approche intégrée » qui sache tirer parti des TIC, ainsi que le suggère le titre de l’édition 2009 d’iLearning Forum : « Apprentissage intégré : convier les technologies au service de l’apprentissage individuel et organisationnel ».

L’évolution du métier de responsable formation
N° 2 français de la formation professionnelle en entreprise, le groupe Demos réalise 10,5% de son chiffre d’affaires grâce au e-learning, via son département spécialisé eLearning Agency. Partageant avec Philippe Lacroix la direction de cette unité, Philippe Gil s’appuie sur son expérience des modalités innovantes d’apprentissage pour inviter les responsables formation à « à élargir leur périmètre d’action ». Leur « regard » ne peut plus se limiter à la « formation classique », explique-t-il, mais doit s’ouvrir pour « donner accès à des savoirs issus d’autres domaines, tels que l’assistance, l’information en juste-à-temps, la communication pédagogique ou encore les communautés professionnelles d’échanges et de capitalisation ». A souligner que cette ouverture ne concerne pas seulement les collaborateurs directs de l’entreprise mais « toute la communauté d’intérêt qui gravite autour de l’entreprise, qui doit aussi monter en compétence », à savoir les fournisseurs, les distributeurs et les clients. Pour remédier à la complexité croissante des organisations apprenantes, Philippe Gil plaide pour la « mise au point d’un système de formation intégré » qui tende vers un « guichet unique formation », conçu en collaboration étroite avec le SIRH pour « éviter l’empilage des dispositifs ».

Contact : www.ilearningforum.eu

Nicolas Deguerry

in Inffo Flash n° 736, 16 au 31 décembre 2008

[1] Valoriser l’acquis de l’expérience : une évaluation du dispositif de VAE, voir ici

[2] Rapport Besson, p. 35


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