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Le numérique transforme le métier des formateurs

L’usage du numérique entre de plain-pied dans la formation : après les plateformes de formation à distance désormais bien connues, arrivent les MOOC, les communautés digitales d’apprentissage, le mobile-learning, les Fablab de compétences, les robots pédagogiques… Nouvel habillage de formats anciens ou nouveautés totales ? La question interroge le secteur de la formation et engendre un regain d’intérêt du côté des pédagogues, car tout cela nécessite un travail minutieux de scénarisation. L’usage du numérique sera un sujet d’actualité de la prochaine Université d’hiver de la formation professionnelle (27-29 janvier 2016 à Biarrritz), notamment dans l’atelier P4 : "Le fab’lab de la compétence en marche".

Pour se mettre en appétit, retour sur des expériences présentées et débattues en novembre 2015 lors des Treizièmes Rencontres du Forum français pour la formation ouverte et à distance (www.fffod.org), dont Centre Inffo est membre fondateur.

Le numérique transforme le métier de formateur (13èmes Rencontres du Fffod)

L’émergence du numérique impacte profondément autant notre vie quotidienne, celle des entreprises et des organismes de formation ainsi que nos modes apprentissages. En effet, les modes de vie des personnes ont changé, elles n’ont plus beaucoup de temps à consacrer à la formation. Cela implique, pour les formateurs, une adaptation continue à cette mutation. Au Conservatoire national des arts et métiers de Bretagne, par exemple, la solution a été de proposer des formations hors temps de travail permettant à ses stagiaires d’allier activités professionnelles et personnelles et apprentissages. « Les résultats sont encourageants, puisque 90 % des 1500 adultes qui chaque année suivent ces formations en sont satisfaits. 73 % vont jusqu’à l’examen avec 90 % de réussite », a témoigné Laurent Buchon, directeur de cet établissement d’enseignement supérieur des adultes, lors d’une table ronde organisée dans le cadre des Treizièmes Rencontres du Forum français pour la formation ouverte et à distance (FFFOD) qui se tiennent à Saint-Brieuc [1]. Il explique une telle réussite par des principes pédagogiques : scénarisation des modules de formation qui donne envie d’apprendre (vivant et plaisir dans l’apprentissage), programmation maîtrisée, démarche pédagogique éprouvée, clarification du contrat pédagogique et des modalités d’évaluation, lien humain entre le formateur et l’apprenant.

Compagnonnage digital

Donner à l’apprenant l’envie et le plaisir d’apprendre, le numérique le permet et il ne faut pas s’en priver. Patrice Abolin, responsable des services numériques Education et Formation à distance chez Orange Business Services, en est convaincu. Celui qui accompagne l’élaboration et la mise en œuvre de programmes de formation dans les 220 pays où son groupe est présent est bien placé pour en témoigner. « Dans les pays émergents, le numérique, surtout le téléphone mobile, est un outil efficace qui nous permet d’accompagner par le compagnonnage digital l’éducation, la formation et le développement », a-t-il indiqué.
Miser sur le jeu et le plaisir, c’est également le pari fait par le réseau Gaz de France (RGDF) pour fédérer ses salariés autour de thématiques d’apprentissage. A travers les réseaux sociaux, notamment Tweeter, le gazier a réussi à accroître le partage informel de connaissances et de compétences non seulement parmi ses agents, mais aussi entre ceux-ci et ceux d’autres entreprises. « Nous croyons que le numérique peut changer la vie de l’entreprise. Il permet d’apprentissage entre les salariés qui se partagent des astuces, des solutions à des problèmes professionnels communs et des pratiques. De plus, il est de plus en plus gratuit », a soutenu Charline Grenet, community manager chez RGDF. Elle y a mis en place un réseau de plus de 650 salariés « tweetos RGDF ». « Il serait bien d’ouvrir ce réseau de partage aux clients du RGDF, ce qui permettrait un meilleur partage de pratiques et de solutions à certains problèmes », a plaidé Jacques Bahry, président du FFOD.

Les robots, la réalité augmentée, l’immersion 3D, les applications mobiles, etc., rendent la production et l’accès des contenus plus faciles et permettent de nouveaux dispositifs plus ouverts. Pour Laurent Buchon, il est « important que le formateur maîtrise lui-même la production du contenu de sa formation ». Il n’est donc pas judicieux de confier ni l’élaboration des contenus ni la scénarisation technique à des acteurs externes. Cela exige du formateur un renforcement de ses compétences ou l’acquisition de nouvelles. « Il doit donc notamment être familier des outils numériques, des logiciels pédagogiques et des réseaux sociaux. Il doit être créateur de valeurs ajoutées », a soutenu Marc Dennery, consultant formateur de formateurs. Selon le directeur associé du cabinet C-Campus, « le “nouveau” formateur doit être un accompagnateur, un coach, quelqu’un qui flèche les ressources, motive l’apprenant, l’aide à planifier son apprentissage, lui fait un “feed back” sur son comportement et ses réalisations. Il doit être un médiateur pédagogique ». Il s’agit tout simplement pour lui de mieux faire ce qu’il fait déjà aujourd’hui.

Knock Billy , Quotidien de la formation

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[1Ces rencontres qui se déroulent jusqu’à ce jeudi 19 novembre au Palais des Congrès de Saint-Brieuc ont pour thème « Mythes & Réalités – Une nouvelle dynamique des apprentissages numériques ».

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