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2015, une année intense pour le Conseil national d’évaluations de la formation professionnelle (rapport d’activité)

Rédigé par . Publié le 08 juin 2016. Mis à jour le 11 mars 2019.

2015 a été, pour le Conseil national d’évaluations de la formation professionnelle (CNEFP) : « Tout à la fois une année de transition et une année de production. » Selon le Centre, qui vient de rendre public son rapport d’activité, 2015 a été une année de “transition”, car « la période d’intérim, si elle a vu se poursuivre la mise en œuvre du programme de travail du Conseil – notamment avec le lancement d’une nouvelle étude sur les formations obligatoires, leur place dans les politiques d’entreprise et leurs effets sur les trajectoires des salariés – n’a pas permis de lui donner toute son ampleur ». Année de “production”, parce que « l’énergie de tous s’est aussi concentrée sur le pilotage des travaux engagés, que ce soient les monographies d’entreprises concernant l’évaluation des pratiques d’ingénierie de formation à destination des salariés les moins qualifiés, ou l’entrée en phase de collecte du dispositif d’enquête sur la formation et les itinéraires des salariés) ».

En effet, ce dispositif statistique « particulièrement novateur et ambitieux », initié en 2014 et mis en œuvre en 2015, permettra de suivre de manière longitudinale (sur cinq ans) les effets des politiques de formation déployées par les entreprises sur les trajectoires professionnelles de leurs salariés. Les premiers résultats, centrés sur les modes d’élaboration des politiques d’entreprise, sont présentés dans le rapport. Ils ont fait l’objet d’une publication parue en mars 2016 dans la collection des Bref du Céreq (Bref n° 344Voir notre article).

D’autres travaux

Le Conseil a engagé ou prévu d’autres travaux « de nature plus qualitative » qui visent à éclairer, par des investigations de terrain, la mise en œuvre des deux derniers ANI (2009 et 2013) négociés par les partenaires sociaux dans le champ de la formation et de l’orientation professionnelle.

La première de ces études évaluatives concerne les inégalités d’accès à la formation. Elle s’intéresse aux « “pratiques d’ingénierie de formation en entreprise et à leurs effets sur les salariés les moins qualifiés”, qu’elle cherche à éclairer au moyen d’une quarantaine de monographies d’entreprise, suivie d’une analyse transversale ». Il s’agit de comprendre pourquoi les entreprises développent ce type de pratiques, comment elles les construisent, et avec quelles incidences sur le parcours de leurs salariés.

La deuxième évaluation est centrée sur les formations dites “obligatoires” (Voir notre article). L’objectif étant de savoir comment, dans un contexte de changement de paradigme en termes de gestion des compétences au sein de l’entreprise, comment identifier les formations obligatoires, comment elles sont construites, et avec quels effets. « Les premières réponses, issues là aussi d’une large enquête monographique, seront connues fin 2016 », annonce le CNEFP. Qui prévoit deux autres études pour 2016 ou début 2017 dans le cadre d’un appel d’offres évaluatif. Toutes deux sont directement liées à la mise en œuvre de l’ANI de 2013 et de la loi du 5 mars 2014 : le conseil en évolution professionnelle (CEP), en tant que dispositif d’accompagnement du compte personnel de formation, et la négociation de branche à laquelle appelle le même ANI sur de nombreux volets (contributions conventionnelles, abondements du CPF, formations éligibles, certifications, etc.).

Selon Michèle Tallard, la présidente du CNEFP depuis la fin 2015 (Voir notre article), « ces travaux seront présentés et discutés à la fin de cette année à l’occasion d’une journée d’études pour mieux donner à voir la richesse des évaluations partenariales qu’il impulse ».

Consolider sa place

Le Conseil se réjouit aussi de la consolidation de sa place « dans la sphère paritaire, en parallèle à l’évolution du rôle du Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels (FPSPP) » et d’autres avancées (notamment la stabilisation d’une ligne budgétaire, la clarification du mode d’élaboration de son programme et de ses procédures d’appel d’offres) « qui lui permettront de contribuer pleinement à l’évaluation des politiques de formation professionnelle ». D’autant que la réforme (issue de l’ANI de décembre 2013 et la loi du 5 mars 2014) a notamment élargi les missions qui lui ont été confiées par le Comité interprofessionnel pour l’emploi et la formation (Copanef), notamment le renforcement de sa démarche évaluative, la diffusion de ses méthodes, la capitalisation et la valorisation de ses travaux, la stabilisation de ses ressources financières.

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