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2016, année stratégique pour la formation (séminaire Berlitz-Telelangue)

Quelle sera la tendance 2016 en matière de formation ? Un Opca, un organisme de formation et une entreprise ont apporté leurs réflexions lors de la matinée d’information sur la réforme co-organisée par le groupe Berlitz-Telelangue et Centre Inffo le 24 novembre. Avec un conseil à la clé : soyez stratèges !

Rédigé par . Publié le 26 novembre 2015. Mis à jour le 11 mars 2019.

Les acteurs constatent des comportements très hétérogènes. “Sur les projets 2016, nous avons des retours différents en fonction de la taille des entreprises et des politiques déjà existantes. Les entreprises qui investissaient beaucoup en formation vont plutôt être libérées, celles qui étaient plutôt dans la logique de consommation du 0,9 vont devoir se convaincre d’aller au-delà de leurs nouvelles obligations”, analyse Olivier Gauvin, directeur en charge de l’offre de formation chez Opcalia.

Temps d’appropriation

Pour sa part, Sophie Neuville, chargée de mission formation chez l’équipementier aéronautique Zodiac Aerospace, évoque un “budget globalement stable, en 2015 comme en 2016”, non sans préciser que son entreprise a “toujours formé bien au-delà de l’obligation légale”.

Évoquant le rythme auquel les réformes se succèdent, Olivier Gauvin souligne la nécessité d’un temps d’appropriation, y compris pour le compte personnel de formation qui devrait progressivement entrer dans une logique de co-construction.

Si le CPF n’a pas vocation à remplacer le droit individuel à la formation (Dif) dans ses objectifs, il ne l’a à ce jour pas non plus fait en volume : “30 % des formations que nous engagions l’étaient au titre du Dif, contre 5 % au titre du CPF aujourd’hui”, souligne ainsi Laurent Hayat, directeur du développement du groupe Berlitz-Telelangue. Revenant sur l’impact de la réforme, il commente : “La bonne nouvelle, c’est que la fin de l’année 2014 avait été excellente parce que beaucoup d’entreprises avaient utilisé le droit individuel à la formation. La moins bonne nouvelle, c’est que le premier trimestre 2015 a été très ralenti parce que les entreprises ont été très attentistes.”

De fait, les décisions ont commencé à tomber en mars 2015 avec un fléchage des formations prioritaires vers le plan de formation et un gel temporaire des autres demandes jusqu’à l’été 2015, date du “décollage” du compte personnel de formation (voir notre article).

Reste que la tendance 2016 de l’investissement formation des entreprises, Olivier Gauvin la verrait plutôt à la baisse, sans toutefois se montrer “catégorique” tant les comportements dépendront de la typologie des entreprises, de leurs pratiques antérieures et du degré d’accompagnement qui leur sera proposé.

À cet égard, Laurent Hayat souligne les charges nouvelles qui pèsent sur son organisme en matière d’explication et d’accompagnement : “Il nous faut aujourd’hui trois heures pour accompagner un salarié à monter un dossier formation CPF, contre environ une heure auparavant.”

De fait, Sophie Neuville le confirme, les entreprises attendent de plus en plus de leur Opca, mais aussi des organismes de formation, qu’ils apportent ensemble leur pierre à l’édifice.

Poser le projet avant de s’inquiéter de financements

S’agissant des financements du CPF, Laurent Hayat se dit “agréablement surpris du taux de prise en charge” qui s’établirait entre 30 et 50 euros de l’heure (taux pratiqué chez Opcalia). Cette hétérogénéité des taux de prise en charge n’est d’ailleurs pas sans risque, Olivier Gauvin pointant l’existence de dérives chez certains organismes de formation qui, suivant en cela le mauvais exemple de nombre d’opticiens, demandent à quel Opca est rattaché le salarié avant de produire un devis.

Au-delà du CPF et s’agissant des sources de financement, le rapport entre la collecte 2014 d’Opcalia (600 millions d’euros) et les engagements (750 millions d’euros) témoigne à lui seul de la diversité des fonds. “Le rôle de l’Opca est aussi de répondre à des appels à projets du Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels (FPSPP), de mobiliser les fonds du Fonds social européen, du Fonds national pour l’emploi ou d’aller sur les Edec [ 1 ]Engagement de développement de l’emploi et des compétences.…”, commente Olivier Gauvin. C.Q.F.D. : “Un des métiers du conseiller formation est aussi de faire de l’ingénierie financière.” Laquelle est “beaucoup plus facile à faire dans le cadre d’un projet d’entreprise qu’au cas par cas”, souligne-t-il : “Le premier rôle d’un Opca est d’aider l’entreprise à construire son plan de formation, après, on peut faire de l’ingénierie financière.”

Ce que confirme en conclusion Valérie Michelet, juriste experte à Centre Inffo : “Oubliez les boîtes, l’important, c’est la stratégie ! C’est l’accompagnement qui fera l’ingénierie financière…”

Notes   [ + ]

1. Engagement de développement de l’emploi et des compétences.

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