Hélène Geoffroy, secrétaire d’État en charge de la Politique de la ville.

50 000 emplois aidés dans les quartiers prioritaires en 2014 (Observatoire national des politiques de la ville)

L’Observatoire national des politiques de la ville vient de rendre son premier rapport à sa secrétaire d’État de tutelle. Les chiffres publiés révèlent qu’en 2014, près de 50~000 emplois dans les quartiers prioritaires étaient des emplois aidés, contrats uniques d’insertion (CUI) ou emplois d’avenir.

Rédigé par . Publié le 04 mai 2016. Mis à jour le 11 mars 2019.

Le 19 janvier 2015, après dix ans d’existence, l’Observatoire national des zones urbaines sensibles (« Onzus ») cédait la place à une nouvelle instance : l’Observatoire national de la politique de la ville (ONPV) chargé de l’observation de la situation socio-économique et urbaine des quartiers prioritaires, et de l’évaluation des politiques publiques qui y sont déployées. Le 3 mai 2016, moins d’un an et demi après sa création, le président de son comité d’orientation, Jean Daubigny, présentait le premier rapport du nouvel organisme à Hélène Geoffroy, secrétaire d’État en charge de la Politique de la Ville.

« C’est un rapport au temps zéro. Un rapport de transition qui se base en grande partie sur les travaux de l’Onzus et les chiffres du Commissariat général à l’égalité des territoires » indiquait d’ailleurs Jean Daubigny lors de la présentation du document. « Pour 2016, nous ambitionnons d’orienter notre futur rapport d’une façon un peu différente puisqu’il ne comprendra pas 23 articles, mais se concentrera sur trois grandes questions : la cohésion sociale, le renouvellement urbain et le développement de l’activité économique et de l’emploi ».

26,7 % de chômage

L’emploi, justement. Au sein des 1 436 quartiers considérés comme prioritaires par la politique de la ville, les taux de chômage tutoient souvent les 30 %. En 2014, ils s’élevaient à 26,7 % contre 10 % dans le reste des agglomérations. Avec des pics particuliers, notamment concernant les bas niveaux de qualifications (31,7 %) et les femmes de 30 à 49 ans (37,4 % contre 15 % au plan national). « En quartier prioritaire, moins d’un résident sur deux, entre 15 et 64 ans, est en emploi contre près de deux sur trois en dehors » conclut l’ONPV. Et lorsque l’emploi est là, c’est davantage sous forme précaire : 7 % des actifs sont ainsi en intérim et 12 % en CDD. Là encore, ce sont surtout les femmes qui constituent les principaux bataillons de précaires puisque les temps partiels subis y sont trois fois plus élevés que dans les autres agglomérations.

Et les jeunes n’échappent pas à cette précarité. Au sein de ces quartiers, 61 % des moins de 30 ans disposent d’un niveau d’études inférieur au bac (contre 37,7 % au plan national) et 50 % d’entre eux connaissent le chômage. Un tiers seulement se trouve en situation d’études ou de formation. 17 % sont totalement inactifs. Quant à ceux qui travaillent, c’est à 8 % en enchaînant les missions d’intérim et à 26 % en contrats à durée déterminée. Une partie de ces emplois relève d’ailleurs des emplois aidés : en 2014, 48 000 jeunes de moins de 30 ans ont bénéficié d’un contrat unique d’insertion (CUI) ou d’un emploi d’avenir. Au total, 13,1 % des personnes ayant signé un contrat aidé provenaient de ces quartiers.

18,8 % des emplois d’avenir

« En 2013, lors de la première année de déploiement des emplois d’avenir, nous avons constaté que ces contrats profitaient surtout aux jeunes urbains et ruraux, mais pas vraiment aux populations des quartiers prioritaires. D’où notre insistance auprès des services de l’État pour en faire rentrer 20 % dans le dispositif » note Hélène Geoffroy, ancienne députée-maire de Vaulx-en-Velin, dans le Rhône. Plus précisément, ce sont 18,8 % des emplois d’avenir qui, dès 2014, ont été signés dans ces quartiers, soit près de 15 000 au total. D’autres efforts particuliers ont depuis été fait en direction de ces populations qui représentent aujourd’hui près de 20 % des 50 000 personnes engagés dans la Garantie Jeunes et qui, pour 13 000 d’entre eux, ont récemment signé un « contrat starter » qui prévoit une intégration dans l’emploi marchand pour les allocataires du RSA bénéficiant d’un suivi particulier par un organisme affilé au dispositif (Epide [Établissement pour l’insertion dans l’emploi.]], école de la deuxième chance ([E2C), Geiq [ 1 ] Groupement d’employeurs pour l’insertion et la qualification. …).

Pour quel retour dans l’emploi ? « Difficile à évaluer aujourd’hui » avoue la secrétaire d’État qui ne dispose pas encore de chiffres consolidés mais qui avance, pour ceux sortis de ces dispositifs, un taux d’intégration dans l’emploi durable au moins égal à ceux des autres populations. Reste que la loi égalité et citoyenneté actuellement en examen à l’Assemblée nationale prévoit de nouveaux efforts en direction de ces quartiers, qu’il s’agisse d’éducation et de formation, d’emploi (avec le déploiement du programme France entrepreneur destiné à favoriser la création d’entreprise dans les zones urbaines sensibles) ou la mise en place d’un coaching spécifique et renforcé pour les bac + 3 sans emploi. Des thématiques que l’ONPV prévoit d’observer de près en 2016 en prévision de son prochain rapport.

Notes   [ + ]

1. Groupement d’employeurs pour l’insertion et la qualification.

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