511 candidats représentant 35 pays lors des premiers Abilympics organisés en France

« Je suis émue car ces deux manifestations, les Abilympics et les Olympiades des métiers, sont la France qui gagne. Cela exprime notre richesse d’autant plus que les métiers présentés dans le cadre de ces compétitions constituent des emplois non délocalisables. » Myriam El Khomri, ministre du Travail, a inauguré, le 25 mars à Bordeaux, la 9ème édition du championnat du monde des métiers des personnes handicapées, les Abilympics, organisée pour la première fois en France (première édition au Japon en 1981), ainsi que les sélections régionales des Olympiades des métiers, rassemblées sur le même lieu, à savoir le Parc des expositions.

Rédigé par . Publié le 30 mars 2016. Mis à jour le 11 mars 2019.

Les Abilympics sont une formidable vitrine des talents, des savoir-faire. Cette compétition internationale participe de l’évolution du regard sur le handicap au travail. Elle contribue également à rendre plus attractifs certains métiers, notamment auprès des familles, et à les valoriser dans la société », a-t-elle ajouté. Tout autour de la ministre, au sein des espaces de la compétition, réunis par pôles (services, transport et logistique, industrie, artisanat, alimentation, technologie de l’information et de la communication (TIC)…), l’effervescence règne que ce soit du côté des candidats, très impliqués et concentrés, que du côté du public, en majorité des collégiens accompagnés par leurs professeurs ou leurs familles, émerveillés de voir tant de dextérité exprimée par les compétiteurs handicapés dans leur métier respectif. Ces derniers sont 511, représentant 35 pays, à s’être engagés dans 49 épreuves exigeantes, en résonance avec l’excellence.

Pour Alain Rousset, président de la Région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes (ALPC), « c’est un honneur pour la Région d’accueillir les Abilympics ». Cette compétition, couplée avec les Olympiades des métiers, « est l’opération la plus aboutie sur le plan de l’orientation ». « De plus, je crois à l’idée que le message, en matière de découverte des métiers, passe aisément lorsque des jeunes s’adressent à d’autres jeunes ». Cela est le cas pour la classe de troisième « prépa pro » (préparation professionnelle) du lycée professionnel Émile-Combes de Bègles qui se fraye un chemin dans l’allée centrale, bondée de monde. Les collégiens échangent leurs impressions sur les performances des candidats, expriment leur intérêt pour tel ou tel métier, et entrent en relation avec les compétiteurs handicapés. « Il s’agit de montrer à ces jeunes en difficulté scolaire, qui n’ont pas pu accéder à la classe de troisième générale, la réalité des métiers dans le but de les conforter ou non dans leur choix en matière d’orientation professionnelle », explique Corinne Petit, professeur de mathématiques au lycée professionnel Émile-Combes. « Nos élèves de la classe de troisième prépa pro ont une certaine maturité et ils sont performants sur le plan pratique. D’ailleurs, ils effectuent quatre semaines par an de stages de découverte de l’entreprise contre une semaine par an pour les classes de troisième générale », renchérit Sophy Moussaron, professeure principale de la troisième prépa pro du même lycée.

Changer le regard des valides

Du côté des candidats, la pression se lit sur les visages. Peggy Halna du Fretay, 41 ans, photographe professionnelle depuis 2012, représente la France dans la catégorie « photographie en studio » parmi 16 candidats. « Je me suis donné un défi en participant aux Abilympics. De plus, j’ai vite compris que je pouvais changer le regard des valides sur le handicap d’autant plus que chaque personne est vulnérable », confie-t-elle. Son handicap est d’origine neuromusculaire et un assistant l’aide à installer son matériel. Le thème de l’épreuve est la nature morte. Une fois le décor installé, une statuette et divers objets sur une pelouse synthétique verte fluorescent, le handicap de Peggy Halna du Fretay s’efface devant ses compétences : « J’ai pris des risques car j’ai réalisé des clichés à contre-jour. Par rapport au programme annoncé, qui a changé la veille de la compétition, les jeux d’ombres étaient plus importants compte tenu de la matière des objets. » Avec son appareil, un Sony alpha 7 II, elle a réalisé 69 photos en mode manuel, ce qui était imposé par le jury. À la fin de l’épreuve, elle lance à ce dernier : « Prenez la plus lumineuse ! ». Puis, c’est la libération et le sentiment d’avoir exprimé tout son savoir-faire dans un temps limité, soit 2 heures 30.

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