À l’agence Pôle emploi Dijon Nord.

Accord Unédic : « Le Medef était prêt à aller plus loin sur la formation des seniors » (Alexandre Saubot, UIMM)

L’accord Unédic signé mardi 28 mars rompt avec «~l’absurdité~» de l’entrée dans la filière senior à 50 ans et «~renoue avec la philosophie de l’assurance-chômage~» a souligné Alexandre Saubot, l’ancien chef de file de la délégation patronale, et président de l’Union des industries et métiers de la métallurgie, lors d’une rencontre avec l’association Réalité du dialogue social, jeudi 30 mars.

Rédigé par . Publié le 31 mars 2017. Mis à jour le 11 mars 2019.

C’est donc désormais acté dans l’accord sur l’assurance-chômage sur lequel les partenaires sociaux (à l’exception de la CGT) se sont entendus mardi dernier (lire) : l’âge d’entrée dans la filière senior de l’Unédic a été repoussé de 50 à 52 ans.

Pour Alexandre Saubot, c’est la fin d’une « absurdité » qui durait depuis près de 15 ans : « On en a terminé avec la taxe Delalande : les études de l’Unédic montrent que le danger face au chômage évolue avec l’âge et ne se situe plus désormais à 50 ans, mais aux alentours de la fourchette 54 – 57 ans ».

Supprimée en 2008, la « contribution Delalande » visait à infliger une sanction financière aux entreprises qui licenciaient des seniors de 50 ans. Détournée par les employeurs, son effet s’est traduit par une recrudescence de licenciements chez les salariés de 49 ans… « Qu’on soit licencié à 48 ou à 52 ans, les risques sont les mêmes face au chômage » a poursuivi le patron de l’UIMM, expliquant le choix du Medef de soutenir l’entrée en formation des seniors de 50 à 55 ans grâce à des abondements exceptionnels de 500 heures sur leurs CPF comme le prévoit l’accord sur l’assurance-chômage signé mardi avec quatre syndicats (CFDT, FO, CFE-CGC et CFTC) .

Renouer avec la philosophie de l’assurance-chômage

Selon Alexandre Saubot, l’accord aurait d’ailleurs pu se montrer davantage généreux avec les seniors au-dessus de 55 ans, mais pour cela, il aurait fallu que les organisations syndicales consentent à une diminution de la durée d’indemnisation pour les seniors. Ce qui n’a pas été le cas puisque le texte final maintient 36 mois d’indemnisation pour les plus de 55 ans qui peuvent, en outre, bénéficier d’autant de temps d’accès à l’allocation retour à l’emploi formation (Aref).

« Au-delà de 55 ans, le taux de chômage des seniors ne s’éloigne pas de la moyenne nationale. Ce qui change, c’est le risque de chômage de longue durée » explique l’ancien négociateur patronal. « Le Medef était prêt à aller plus loin sur la formation, jusqu’à 59 ans dans notre proposition de départ, mais avec une réduction de la durée d’indemnité chômage ». Pourquoi ce choix patronal ? « La philosophie de l’assurance-chômage, c’est d’accorder une sécurité durant la transition entre deux emplois » indique Alexandre Saubot, « or, quand on est au chômage depuis trois ans, ce n’est plus une transition, on est sur de la longue durée et l’Etat doit reprendre son rôle ».

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