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Fin du paritarisme, « capital formation »… ces propositions de campagne qui embarrassent le Medef

Le cœur du Medef balance encore entre Emmanuel Macron et François Fillon. Cependant, si pour son président, les programmes des deux candidats «~vont dans le bon sens~», quelques pierres d’achoppement demeurent : c’est le cas de la fin du paritarisme promise par le candidat d’En Marche ! ou de la création d’un «~capital formation~» individualisé qui figure au programme de celui des Républicains.

Rédigé par . Publié le 12 avril 2017. Mis à jour le 11 mars 2019.

À douze jours du premier tour du scrutin présidentiel, à l’occasion de sa conférence de presse mensuelle du 11 avril, Pierre Gattaz a alerté sur la dangerosité des programmes de Marine Le Pen, Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon. « Ce sont des programmes hors-sol, des programmes d’apprentis sorciers, de vendeurs d’illusions », a lancé le président du Medef.

Seuls deux programmes présidentiels trouvent grâce aux yeux du patron des patrons : ceux de François Fillon et d’Emmanuel Macron. « Je n’appelle à voter pour personne, mais seuls ces deux programmes vont dans le bon sens », a conclu le président du Medef. Avec, toutefois, un léger avantage à celui du candidat Les Républicains. La volonté affichée du candidat Emmanuel Macron de nationaliser l’Unédic et d’en finir avec le paritarisme de gestion — notamment dans le secteur de la formation professionnelle — gêne tout de même le patronat aux entournures.

« Nous ne sommes pas des forcenés du paritarisme de gestion : si Emmanuel Macron compense cette reprise en main des instances paritaires par une diminution des charges et une baisse du coût du travail, on peut toujours en discuter », a indiqué Pierre Gattaz. Mais en tempérant aussitôt : « Si ça revient à taxer les contrats courts au final, ça me gêne un peu. Je préférerais que d’autres sujets soient mis sur la table lors des débats sur l’assurance-chômage : l’employabilité, le CPA ou le CPF [ 1 ]Compte personnel d’activité et Compte personnel de formation qui vont dans le bon sens, la flexisécurité à la danoise… Je préférerais qu’on parle sérieusement de l’accompagnement des actifs qui changeront de métier six ou sept fois dans leur vie plutôt que de voir le retour de la taxation des contrats courts. »

« trop étatique » vs. « tout-libéral »

Mais pour le patronat, la fin du paritarisme de gestion pourrait aussi devenir synonyme de la fin du contrôle des grandes organisations professionnelles sur les Opca. « Emmanuel Macron a une vision très étatique de la gouvernance… », regrettait un proche de Pierre Gattaz. « Or, il faut quand même que les partenaires sociaux conservent leur mot à dire sur le pilotage des fonds dédiés au plan de formation des entreprises. Sans quoi, on risque de se retrouver avec un modèle en panne, à l’image de celui de l’apprentissage dont on a laissé le pilotage aux Conseils régionaux. »

À l’opposé, le « tout-libéral » n’a pas forcément bonne presse au Medef. Le programme de François Fillon, qui reprend en partie l’idée du « capital formation » individuel imaginé par l’Institut Montaigne (notre article), n’est pas accepté en bloc. « Nous avons été très attentifs aux propositions de l’Institut Montaigne, mais nous n’y voyons pas clair », souligne la même source patronale. « Nous ne sommes pas forcément favorables à une ultra-individualisation des dispositifs formation, pas plus qu’à la monétisation d’un capital formation. Nous, on reste OK sur le CPF qui prévoit l’accompagnement des personnes. Le système est encore perfectible et il reste des articulations à trouver avec le plan de formation des entreprises, mais pour l’instant, ça va dans le bon sens ».

Notes   [ + ]

1. Compte personnel d’activité et Compte personnel de formation

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