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Formation professionnelle et alternance au second tour

Apprentissage dès 14 ans, compte personnel de formation renforcé ou filières mixtes Lycées professionnels/CFA et CPF abondé en réorientant l’obligation légale des entreprises ? Le premier tour de l’élection présidentielle du 23 avril ne laisse plus que deux visions de la formation et de l’alternance en lice. Rappel des orientations de Marine Le Pen et d’Emmanuel Macron.

Rédigé par . Publié le 25 avril 2017. Mis à jour le 11 mars 2019.

« Faire un effort considérable sur l’apprentissage pour faire passer de 400 000 à 600 000 le nombre d’apprentis », tel est l’objectif exposé par Marine Le Pen, présidente du Front national, le 28 mars face aux chefs d’entreprise réunis par le Medef. Elle compte « supprimer le collège unique et revaloriser la filière professionnelle ». Toutefois, cet effort particulier en faveur de l’apprentissage « ne doit pas faire oublier la formation qui doit être améliorée car, compte tenu du coût qu’elle représente, elle n’atteint pas les résultats escomptés ».

La candidate a aussi évoqué « la rigidité du système de formation, l’inégalité d’accès à la formation » tout en plaidant pour « plus de certifications à l’issue des formations dispensées par les organismes et un renforcement du compte personnel de formation ». Son programme annonce l’apprentissage à partir de 14 ans, à la condition que le socle de connaissances soit acquis. Elle prône un développement massif de l’alternance pour lutter contre le chômage des jeunes. Une alternance qui concernerait aussi bien les contrats d’apprentissage que de professionnalisation, l’artisanat, le secteur public et le privé « pour rendre la formation professionnelle plus efficace, moins opaque et moins coûteuse ».

Refonte complète du système

Emmanuel Macron envisage une refonte complète du système de formation professionnelle. « Ce que je propose, c’est une sécurité professionnelle nouvelle qui induit de nouveaux devoirs, mais assortis de nouveaux droits à la formation et à la qualification tout au long de la vie », a-t-il affirmé lors de sa conférence de presse du 2 mars dernier dévoilant son programme.

Les droits individuels seront ainsi renforcés, le compte personnel de formation (CPF) abondé, en réorientant à cette fin l’obligation légale des entreprises. Le système des listes de formations éligibles au CPF sera dépassé, l’accompagnement et la réflexion sur les parcours développés. Les salariés pourront s’adresser directement à un organisme de formation pour choisir ce dont ils ont besoin. À terme, le CPF et le CIF (congé individuel de formation) devraient fusionner.

Un effort particulier sera porté sur la formation des demandeurs d’emploi et des jeunes : 15 milliards d’euros du grand plan d’investissement de 50 milliards envisagé par Emmanuel Macron leur seront destinés. Les branches et les Régions seront associées au plan, comme elles pourront l’être à la définition des contenus pédagogiques liés à l’apprentissage. Les mécanismes de financement seront également refondés, en unifiant les différentes subventions. Pour rendre justice à l’apprentissage, des filières mixtes entre les lycées professionnels et les CFA seront créées et une meilleure information dispensée sur les débouchés professionnels des diplômes.

Garde-fou du marché, un objectif de labellisation de la qualité de la formation à tous les niveaux, à condition que celle-ci puisse être « réactive et plus indépendante ». Par ailleurs, le programme d’En marche ! a annoncé vouloir lutter contre l’abus de recours aux contrats courts, pour inciter à investir dans le capital humain.

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