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« Intégrer l’apprentissage comme une voie de formation à part entière » (Anaf)

Pleinement associée à la concertation apprentissage, l’Association nationale des apprentis de France (Anaf) défend six propositions portant, notamment sur l’orientation, la pédagogie proactive et le renforcement des passerelles. Retour sur les principaux enjeux en compagnie d’Aurélien Cadiou, président de l’Association nationale des apprentis de France.

Rédigé par . Publié le 11 décembre 2017. Mis à jour le 11 mars 2019.

Depuis sa création en 2010, l’Association nationale des apprentis de France (Anaf) bataille pour gagner en représentativité. Alors qu’elle vient d’échouer à intégrer le Ceser[ 1 ]Conseil économique, social et environnemental régional. Île-de-France, l’organisation peut se consoler de participer à l’ensemble des groupes de travail de la concertation apprentissage[ 2 ]Groupe 1. Parcours et statut de l’apprenti

Groupe 2. Entreprises et apprentissage

Groupe 3. Gouvernance et financements

Groupe 4. Offre de formation et certification.
. L’occasion pour l’association de tenter de porter haut ses six propositions pour la réforme de l’apprentissage. Des propositions qui, pour l’essentiel, sont avant tout poussées au sein du groupe 1 consacré au parcours et statut de l’apprenti.

Marge de progression

Président de l’association depuis septembre 2017, Aurélien Cadiou le souligne, « il y a encore une bonne part de marge de progression pour intégrer dans le paysage culturel l’apprentissage comme voie de formation à part entière, à égalité des autres ». Il en est convaincu, les préjugés demeurent, notamment dans le cadre du collège et du lycée où persiste, selon lui, « une grande méconnaissance de ce qu’est réellement l’apprentissage ». À savoir, « une voie de formation qui permet à un jeune qui l’a choisie, de s’épanouir dans une formation professionnelle et d’accéder à des diplômes du CAP à bac + 5, dans le cadre d’un contrat d’apprentissage ou de professionnalisation ». Et s’il reconnaît la filiation historique de l’apprentissage avec les métiers manuels, il n’en souligne pas moins que sont aussi accessibles « des métiers très intellectuels ».

Six propositions

Alors que la concertation apprentissage a déjà commencé depuis un mois, le président de l’Anaf affiche une certaine prudence quant à l’issue des travaux engagés. « L’avantage de l’apprentissage, explique-t-il, c’est qu’il suscite des propositions assez largement partagées de l’ensemble des acteurs, sans véritable discordance ; pour autant, on a du mal à savoir ce qui va sortir des groupes de travail, qui fonctionnent surtout comme des tours de table où chacun exprime sa vision. »

Celle de l’Anaf se décline en six propositions présentées par ordre d’importance. Pour l’organisation, tout commence par l’orientation : module obligatoire de présentation de l’apprentissage au sein des collèges et lycées, campagnes de communication incluant les familles, stages en entreprise pour tester l’apprentissage, valorisation du dispositif d’initiation aux métiers par l’alternance (Dima), etc. Le chantier est d’envergure. En deuxième lieu vient la promotion de la pédagogie proactive riche en accompagnement (voir notre article), également objet de la proposition 4 consacrée à la prévention des ruptures.

Représentativité

La troisième proposition insiste sur la nécessité de renforcer les « passerelles », pour lever les craintes des jeunes n’étant pas certains de leur choix. La cinquième proposition vise, elle, à mieux prendre en compte les freins périphériques (transport, hébergement, mobilité à l’international), quand la sixième réclame une amélioration de la représentativité des apprentis sur le plan régional et national. Ce qui passerait par une participation accrue aux conseils de perfectionnement des centres de formation, mais aussi par la création de « conseils régionaux des apprentis ».

Sur ce dernier point, Aurélien Cadiou a déjà bon espoir : une réponse, qu’il espère positive, devrait très prochainement arriver d’Auvergne-Rhône Alpes. La prochaine étape ? Développer des contacts approfondis avec Régions de France, ce que devrait assurément permettre la concertation apprentissage.

Notes   [ + ]

1. Conseil économique, social et environnemental régional.
2. Groupe 1. Parcours et statut de l’apprenti

Groupe 2. Entreprises et apprentissage

Groupe 3. Gouvernance et financements

Groupe 4. Offre de formation et certification.

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