Jane D. Hartley, ambassadrice des États-Unis en France, ici lors d’un entretien avec Myriam El Khomri, le 11 avril 2016.

Jobs For All : quand le Département d’Etat américain mise sur l’insertion des jeunes français « issus des quartiers les moins favorisés »

Le Département d’État américain, en partenariat avec l’association Mozaïk RH et la fondation JP Morgan Chase, vient de débloquer une enveloppe de 250~000 euros pour financer le programme Jobs For All destiné à aider à l’insertion dans l’emploi, via des stages ou des contrats d’alternance, de 500 jeunes issus des quartiers défavorisés au sein de 24 grands groupes, français ou américains.

Rédigé par . Publié le 15 novembre 2016. Mis à jour le 11 mars 2019.

Le chômage des jeunes, en France touche 25% des 18-25 ans. Un chiffre qui peut monter jusqu’à 40 % dans les quartiers défavorisés des grandes périphéries urbaines. Aux États-Unis, les statistiques nationales semblent plus favorables, puisque « seuls » 10,1% des 16-24 ans sont considérés comme sans emploi. Des chiffres, cependant, qui cachent la réalité de certains États ou de certaines villes où ce taux titille les 30 ou 40 %.

Des deux côtés de l’Atlantique, le défi des gouvernements est donc le même vis-à-vis de la jeunesse : permettre une meilleure insertion de ces catégories de la population dans l’emploi. C’est ce constat qui a amené le département d’État américain (leur ministère des Affaires Étrangères) à lancer Jobs For All (en français : « Révélons tous nos talents »), un programme visant à intégrer 500 jeunes diplômés issus des quartiers au sein de 24 grands groupes partenaires (General Electric, Axa, LVMH, Uber, Coca Cola, American Express…) par la voie du stage ou de l’alternance.

« Je suis particulièrement heureuse qu’une vingtaine d’entreprises françaises les plus dynamiques et les plus brillantes se soient engagées à accueillir des stagiaires dans le cadre de ces programmes (…). Ces entreprises reconnaissent d’un commun accord que beaucoup d’excellents jeunes diplômés risquent d’être oubliés par le processus de recrutement habituel, tandis qu’elles souhaitent diversifier leur main-d’œuvre afin de profiter des meilleurs talents disponibles issus de tous les types de parcours », expliquait Jane Hartley, ambassadrice des États-Unis, à l’occasion du lancement de l’opération, le 14 novembre 2016.

Coaching et formation

Dans les faits, c’est Mozaïk RH, un cabinet de recrutement monté sous forme associative, qui se chargera de sélectionner les jeunes choisis pour intégrer le programme. « On ira les chercher là où ils sont, c’est-à-dire dans les banlieues », indique Gabriel Lenot, responsable des opérations au sein du cabinet. « Pour cela, nous allons mobiliser notre réseau auprès des associations, des clubs sportifs, des maisons de l’emploi, des missions locales, des agences Pôle emploi… » Les premiers recrutements ont d’ailleurs débuté le 14 novembre, dans les locaux de l’ambassade, rue du Faubourg-Saint-Honoré. Un point de départ symbolique.

Mais au-delà des seuls job-datings, Mozaïk RH – qui vient de lancer une fondation qui ambitionne d’ouvrir 8 antennes régionales d’ici à 2018 grâce au soutien de JP Morgan Chase – propose aussi à aux jeunes choisis pour bénéficier du programme de quelques jours de coaching et de formation afin de leur permettre de s’adapter au monde de l’entreprise. « On leur apprendra à rédiger un CV personnalisé qui ne soit pas juste une copie de ce qu’on trouve sur le net, de se présenter lors d’un entretien d’embauche, de comprendre certains codes de l’entreprise… », résume Saïd Hammouche, le dirigeant de l’association.

Une première vague de recrutement concernera 200 jeunes. Les 300 restants seront sélectionnés dans les mois à venir. Mais l’association et ses partenaires l’assurent : le programme ne sera pas sans lendemain.

Centre Inffo vous conseille également