Anne Baltazar, présidente de l'Agefiph.

L’Agefiph cherche à rénover son offre d’intervention dans le champ de la formation

L’an prochain, l’Agefiph soufflera ses trente bougies. Pour l’Association, fondée en 1987 avec l’objectif de favoriser la formation et le maintien dans l’emploi des personnes en situation de handicap, l’heure est au repositionnement comme l’a acté son conseil d’administration le 28 juin dernier lors des débats sur les orientations stratégiques des deux ans à venir.

Rédigé par . Publié le 07 octobre 2016. Mis à jour le 11 mars 2019.

Il faut dire que malgré l’implication des pouvoirs publics sur le dossier du handicap dans l’emploi depuis trois décennies, le niveau de chômage des personnes handicapées demeure encore particulièrement élevé (480 000 demandeurs d’emploi inscrits à Pôle Emploi sont dans cette situation, soit 8,6% du total des chômeurs) et, en dépit d’une hausse du niveau d’étude moyen, (26% disposent d’un niveau bac, soit 2% de plus qu’en 2014), les actifs handicapés disposent encore d’un bagage formatif très inférieur à la moyenne.

Quelques chiffres, cependant, sont encourageants : ainsi, en dix ans, la part des établissements privés employant des salariés en situation de handicap a largement progressé (78% aujourd’hui contre 66% en 206), de même que l’accès de ces personnes à la formation par la voie du contrat d’apprentissage (+26% entre 2009 et 2015) ou du contrat de professionnalisation (+92% sur la même période) en dépit d’un léger fléchissement en 2016. Quant aux réseaux Cap Emploi que chapeaute l’Association, ils ont contribué au recrutement de 34 000 personnes handicapées au 1er semestre 2016 soit 11% de plus qu’en 2015.

48% des ressources fléchées vers la formation

En 2016, la collecte s’élevait à 389 millions d’euros : 3,2% de moins que l’année précédente. Et pour l’Association, dont le collecte repose sur une contribution des entreprises de plus de 20 salariés qui n’intègrent pas dans leurs effectifs au moins 6% de salariés handicapés, c’est là tout le paradoxe de « l’effet ciseau » constaté depuis plusieurs années. Plus les entreprises jouent le jeu en embauchant des collaborateurs en situation de handicap… et plus les ressources de l’Agefiph diminuent. Des ressources dont « 48% sont fléchés sur le volet formation » détaillait Didier Eyssartier, directeur général de l’Association à l’occasion d’une conférence de presse organisée le 6 octobre 2016.

A cette collecte en baisse, il faut ajouter les ponctions successives, de 29 millions d’euros chacune, décidées par l’État à la structure depuis 2015, destinées à financer les emplois aidés. La dernière devrait avoir lieu sur le budget 2017. « Nous avons alerté les pouvoirs publics qu’aucune ponction supplémentaire ne serait possible à moins de déstabiliser profondément l’Association » prévient Anne Baltazar, la présidente (FO) de l’Agefiph.

Davantage d’implication dans le champ des politiques de formation

Face à ces changements d’écosystème, l’Agefiph a donc décidé de se repositionner sur le champ du handicap, de la formation et de l’emploi. « Il va falloir adapter notre politique formation en proposant une offre d’intervention rénovée, évolutive et en appui des dispositifs de droit commun» indique sa présidente.

Hier, l’Association intervenait principalement dans ce domaine via l’achat de places de formation auprès des organismes et des régions, en sensibilisant les acteurs sur les questions d’accessibilité ou en contribuant à l’édition de matériel pédagogique. Demain, l’Agefiph souhaite s’impliquer davantage dans le pilotage des politiques d’emploi, d’orientation et d’emploi grâce, notamment, à sa présence dans les Crefop. « Il va falloir amplifier nos capacités » souligne Hugues Defoy, directeur du pôle métiers de l’Association : « au-delà de l’achat, notre offre va devoir évoluer vers davantage d’ingénierie des parcours emploi, intervenir davantage dans la chaîne pour éviter les ruptures, renforcer le repérage des risques de désinsertion professionnelle et soutenir le développement des pratiques innovantes ». Un sacré défi en perspective pour les deux ans à venir.

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