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L’apprentissage se fragilise dans les TPE artisanales (baromètre ISM – MAAF)

L’artisanat reste le premier secteur employeur d’apprentis, représentant à lui seul près de 40~% des embauches en contrat d’apprentissage. Toutefois, dans certains secteurs-clés, le recours aux apprentis est en forte diminution comme le révèle la deuxième édition du baromètre de l’artisanat réalisé par l’Institut supérieur des métiers (ISM) et MAAF Assurances.

Rédigé par . Publié le 19 juillet 2016. Mis à jour le 11 mars 2019.

Le mécanisme de l’apprentissage semble grippé dans les TPE artisanales. Bien sûr, en volume, ces entreprises demeurent les premières structures employeuses d’apprentis en France puisqu’à elles seules, elles ont signé près de 160 000 contrats d’apprentissage durant l’année 2016. Soit 37 % d’un effectif total de 430 000 apprentis et en tenant compte du fait qu’elles ne pèsent que 9 % de l’emploi salarié marchand. Un salarié sur dix de ces entreprises est un apprenti, contre 3 % seulement pour les PME de plus de 20 salariés du même périmètre d’activité.

N’empêche. Si les très petites entreprises artisanales semblent donc rester fidèles à leur tradition de transmission des savoir-faire professionnels aux jeunes, elles n’en ont pas moins subi de plein fouet la crise de l’apprentissage qui a vu les flux de contrats diminuer de 4 % en 2013-2014. Le nombre des apprentis ayant démarré un nouveau diplôme durant cette période (78 900 nouveaux inscrits) a connu une baisse de 7 % par rapport à l’année précédente. Mais plus inquiétant encore, certains secteurs habituellement consommateurs de contrats d’apprentissage ont revu leurs embauches à la baisse. C’est le cas — emblématique — du bâtiment (-11 %), des métiers de la fabrication (-10 %) et des services (-8 %). Seul le secteur de l’alimentation a connu une — faible — progression du nombre de contrats signés (+2,5 %). Des chiffres qui s’expliquent notamment par le mauvais écosystème économique dans lequel se sont retrouvées ces entreprises puisqu’entre 2010 et 2013, 12 000 TPE employeuses ont mis la clé sous la porte et 54 000 emplois salariés ont été détruits.

15 activités sur 327 embauchent 80 % des apprentis

Les branches de l’artisanat sont loin de peser le même poids dans le recrutement et la formation d’apprentis. Ainsi, sur 327 activités recensées, 15 emploient à elles seules 80 % du flux des apprentis. Au premier rang desquelles on retrouve les activités de la boulangerie (24 700 apprentis), de la boucherie (4 800) ou de la pâtisserie (3 200). Les diverses activités liées au bâtiment emploient 53 600 apprentis et quelques activités de services comme la coiffure (19 000), la réparation auto (10 400), les soins de beauté (3 800) et les fleuristes (3 800) représentent une majorité des apprentis embauchés par les TPE artisanales.

Le Nord davantage consommateur d’apprentissage que le Sud

Au plan territorial, des disparités persistent entre un Nord davantage consommateur d’apprentis (25 % des apprentis employés le sont dans les Pays de la Loire, 22 % en Bourgogne-Franche-Comté) et un Sud plus timoré (11 % des embauches d’apprentis dans l’ex-Limousin, 13 % dans l’actuelle Occitanie). La région Ile-de-France, quant à elle, se situe en queue de classement puisque ses entreprises ne recrutent que 9 % de l’effectif total et représente donc la région qui forme le moins eu égard à son tissu d’entreprises. Pour Catherine Elie, directrice des études et du développement économique d’ISM, cette disparité régionale s’explique surtout par la structure des entreprises présentes dans les régions : « La proportion des entreprises sans salarié est plus élevée dans le pourtour sud-méditerranéen, ce qui explique qu’elles forment moins d’apprentis. D’autre part, les zones urbaines sont marquées par une proportion plus importante de cadres et de professions intermédiaires. » Sans compter qu’à l’échelle territoriale, les apprentis continuent massivement à se former dans leur département de résidence. C’est le cas de 80 à 90 % d’entre eux.

Surreprésentation masculine

Enfin, si le baromètre constate une évolution des diplômes préparés par les apprentis dans les TPE (+29 % sur les niveaux brevet et bac pro), cette voie de formation reste fortement sexuée puisque 75 % des apprentis restent des hommes contre 25 % de femmes. Une représentation qui, cependant, demeure conforme à la structure actuelle des entreprises de l’artisanat où 73 % de l’effectif est masculin. Toutefois, dans certains secteurs comme les prothèses dentaires ou la pâtisserie, la tendance s’inverse avec plus de 50 % de recrutements féminins.

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