232 millions d’euros reversés aux Régions au titre de l’apprentissage : la remise du chèque, le 15 juin. De gauche à droite, la députée Monique Iborra, François Bonneau (ARF), Carine Chevrier (DGEFP), Philippe Richert et Gérard Cherpion (ARF), Jean-Pierre Hulot (Octalia), Marie Russo et Patrice Lombard (Opcalia).

L’ARF et Opcalia signent un accord-cadre pour le développement de l’alternance

L’Association des Régions de France et Opcalia ont signé, en présence de la déléguée générale à l’emploi et à la formation professionnelle Carine Chevrier, mercredi 15 juin, un accord-cadre afin de soutenir le dispositif 500~000 formations d’urgence pour les demandeurs d’emploi, et surtout, de développer l’alternance. À charge maintenant aux Opcalia et Conseils régionaux de décliner leur version localement.

Rédigé par . Publié le 17 juin 2016. Mis à jour le 11 mars 2019.

« Soutenir et développer l’emploi au travers de l’activation de dispositifs, notamment le plan 500 000 de formation de demandeurs d’emploi et de mettre en œuvre des opérations conjointes visant à insérer les jeunes via principalement des parcours de formation par la voie des alternances (professionnalisation et apprentissage », tels sont les objectifs communs que se fixent les Régions et le réseau des Opcalia dans l’accord-cadre signé le 15 juin dernier. Signé en présence de Carine Chevrier et de la députée Monique Iborra, cet accord marque une intention politique. Si l’ARF, en tant qu’association, regroupe 18 Régions, elle ne peut s’engager pour ses membres. Chaque Région devra signer donc une déclinaison de l’accord avec un Opcalia régional.

Pour marquer la signature, Patrice Lombard, président d’Opcalia, et Jean-Pierre Hulot, président d’Octalia, organisme délégataire de collecte de la taxe d’apprentissage du collecteur interprofessionnel, ont remis un chèque symbolique de 232 millions d’euros, représentant la fraction régionale (51 %) de la taxe d’apprentissage collectée par Opcalia à Philippe Richert, président de l’ARF. Cette somme est en réalité perçue par l’État qui la reverse aux Régions [ 1 ]Selon une clé de répartition définie par l’article 8 de la loi de finances rectificative du 8 août 2014.. .

Soulignant l’importance de l’apprentissage « dont aujourd’hui tout le monde reconnaît la pertinence », Philippe Richert a indiqué que les Régions ont consacré 1,9 milliard d’euros à l’apprentissage en 2014 (sur un budget total des Régions de 28 milliards d’euros) et affirmé qu’elles repartaient avec « une nouvelle ambition pour les jeunes, pour la formation et pour les entreprises, car c’est uniquement à travers elles qu’ils trouveront leur place dans la société ». Il a insisté sur le fait que « chacun tienne sa place » : « Ce qu’il y a d’important c’est que cet argent serve aux jeunes pour les former au mieux. Il ne s’agit pas de mettre chacun son petit drapeau. C’est tous ensemble. C’est la Nation qui doit faire des efforts pour les jeunes. »
Gérard Cherpion, président de la commission emploi, formation professionnelle et apprentissage, a tenu à mettre en avant « l’importance du jeu de l’ensemble des acteurs » (État, Régions, organisations patronales et syndicats de salariés) : « Cet évènement sert à montrer, dans les réformes successives, et en particulier dans celle de mars 2014, qu’au-delà de la construction des nouvelles Régions, il y a aussi celle des nouvelles formations et du nouveau système de formation, avec la mise en place du quadripartisme. Il est en train de se mettre en place dans toutes les Régions, avec plus ou moins de rapidité et de difficulté, mais les choses se calent », a-t-il indiqué, ajoutant que les CPRDOFP [ 2 ]Contrats de plans régionaux de développement de la formation et de l’orientation professionnelles. ne seraient probablement pas signés, comme ils devraient l’être, au 1er janvier 2017, mais qu’un délai supplémentaire serait nécessaire.

« Témoin de cette mobilisation pour l’apprentissage », Carine Chevrier a abondé dans le sens de toutes les parties présentes pour réaffirmer l’objectif partagé par tous : « Avoir davantage d’alternants en France. » Elle a rappelé les chiffres : 408 000 apprentis fin avril, un chiffre atteint grâce à la campagne 2015-2016 qui a permis une vraie progression, notamment sur l’apprentissage dans le secteur privé + 4,8 %. Elle a rejoint Gérard Cherpion, qui notait la modestie des objectifs fixés au secteur public pour les effectifs apprentis (+ 10 000 en 2016) : « C’est vrai que ça décolle tout juste dans le secteur public. Il faut davantage d’apprentis dans les fonctions publiques territoriale, hospitalière et étatique », a-t-elle consenti, avant d’ajouter : « Il y en a 12 chez moi, 5 % des effectifs! Pour une fois les cordonniers ne sont pas les plus mal chaussés ! 255 titres du ministère du Travail ont été ouverts à l’apprentissage. Carine Chevrier a rappelé le rôle de l’État : « Créer l’environnement juridique et financier, et quelques conditions pour que ça marche. Si on se trompe, ça marche moins bien, tout l’enjeu est donc de créer les conditions de l’environnement, et vous êtes les acteurs de cette politique », a-t-elle déclaré aux parties présentes, souhaitant « une belle utilisation de ces fonds collectés » et indiquant que, pour elle, l’alternance est certainement une solution contre le chômage, « mais avant tout une voie de formation, initiale ».

Notes   [ + ]

1. Selon une clé de répartition définie par l’article 8 de la loi de finances rectificative du 8 août 2014..
2. Contrats de plans régionaux de développement de la formation et de l’orientation professionnelles.

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