André Montané, le président du comité national du FIPHFP.

La barre des 5% de salariés handicapés dans la fonction publique atteinte, cap sur l’apprentissage

C’est une année à marquer d’une pierre blanche pour le Fonds pour l’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique, qui présentait le 24 mai dernier, ses résultats pour 2015 à Paris. Pour la première fois le taux de personnes handicapées dans la fonction publique a franchi le seuil psychologique de 5~%, une étape très importante pour parvenir au taux légal de 6~%, et qui amène le fonds à faire de la qualification et de l’apprentissage une de ses priorités.

Rédigé par . Publié le 25 mai 2016. Mis à jour le 11 mars 2019.

« Dans les quinze ans à venir, plus de 50% des personnes handicapées en poste vont arriver à la retraite. Aujourd’hui, seul 1% des personnes que nous accompagnons sont en apprentissage, nous souhaitons développer l’accès à cette voie et mettre l’accent sur la formation», explique André Montané, le président du comité national du FIPHFP. L’objectif principal est d’augmenter l’employabilité des personnes handicapées en gagnant en qualification, mais aussi de changer le regard des employeurs, en les incitant à choisir avant tout ces actifs pour leurs compétences.

En 2015, l’apprentissage représentait le troisième motif de recours aux aides ponctuels du FIPHFP pour un budget de 3,45 millions d’euros, ce qui représente une hausse annuelle de 39%. Par ailleurs, le fonds consacre 50 millions d’euros par an à des partenariats avec l’Agefiph, la Fédération hospitalière de France ou encore les centres de gestion de la fonction publique territoriale, notamment pour permettre un appui ressources-humaines à l’embauche de personnes handicapées, qui intègre bien souvent un volet formation.

L’apprentissage, une voie pour pérenniser l’accès à l’emploi

«Nous avons un partenariat avec l’Agefiph pour la formation professionnelle, auquel nous consacrons près de 18 millions d’euros pour les demandeurs d’emploi handicapés. En moyenne quatre personnes sur dix ayant bénéficié d’un cursus dans ce cadre sont en emploi au bout de six mois. Le problème est la précarité de ces contrats qui sont rarement pérennes, c’est pourquoi le développement de l’apprentissage nous semble une priorité», explique Philippe Nicolle, le directeur adjoint du FIPHFP.

Reste que les résultats de 2015 sont historiques, avec 221 712 bénéficiaires de l’obligation d’emploi dans les trois fonctions publiques. Seuls les services de l’Etat comptent moins de 5% de personnes handicapées avec un taux à 4,18 %, tandis que les collectivités territoriales répondent aux exigences légales avec 6,22 % et le secteur hospitalier public comptabilise 5,41 %.

Enfin, très logiquement, le montant des contributions au FIPHFP payées par les employeurs ne respectant pas les quotas légaux baisse. Il est de 126 millions d’euros pour 2015 contre 131 millions d’euros en 2014, soit un montant inférieur aux dépenses (160 millions) pour la troisième année consécutive. Une rançon du succès qui pose la question de la pérennité du FIPHP.

Centre Inffo vous conseille également