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« La digitalisation permet la diversification des modes d’apprentissage » (Stéphane Ghys, Comundi)

Rédigé par . Publié le 09 février 2018. Mis à jour le 11 mars 2019.

Comment les organismes de formation vivent-ils la digitalisation ? C’est la question qui était posée lors d’une table ronde organisée mardi 6 février à Lyon dans le cadre du colloque sur l’innovation de la Fédération de la formation professionnelle Auvergne-Rhône-Alpes.

Le premier enseignement est venu des participants eux-mêmes : pour huit d’entre-eux sur dix, il s’agit là d’une révolution qui va changer les habitudes et non pas d’un effet de mode qui va passer, conviction partagée par à peine plus de 4 % des répondants. Mais si la digitalisation de l’offre est en cours chez l’ensemble des intervenants, il serait faux d’imaginer la disparition immédiate du modèle plus classique. D’abord, parce que les fondamentaux que sont le stage présentiel et le catalogue papier demeurent, analyse Stéphane Ghys, directeur général adjoint Marketing, e-business et digitalisation chez Comundi ; ensuite parce qu’il s’agit moins d’une substitution que d’une évolution, qui vient répondre aux besoins exprimés par les entreprises. « Ce n’est pas le digital pour le digital », renchérit Jean-Marc Béguin, vice-président de la FFP Grand-Est et directeur d’Evocime, « il faut partir de ce que souhaite l’entreprise et l’apprenant ». Remontant à 2004 pour trouver les racines de la digitalisation, « lorsque la réforme a introduit la notion de parcours », Marc Dennery, directeur de C-Campus, décrit une situation où « tout est 100 % mixte ».

Pédagogie

« La demande de nos clients, c’est de la souplesse et de l’agilité, ils nous sollicitent d’abord pour répondre aux besoins d’évolution de compétences de leurs salariés », explique Stéphane Ghys. Et il en est convaincu, « le présentiel ne suffit plus ». D’où le recours à des solutions de type classe virtuelle, utiles pour contenir les coûts, mais aussi pour apporter une forme de « coaching personnalisé » : « la digitalisation permet la diversification des modes d’apprentissage ». Reste que pour Marc Dennery, l’entrée par les outils est périlleuse, en ce qu’elle peut faire oublier que « le digital n’est qu’un moyen », au service de l’individualisation et de la personnalisation de la formation. Donc, encore et toujours, « c’est par la pédagogie et l’expertise de fond que la différence se fait ». Même sentiment chez Martine Roblin, directrice du département Digital Learning du groupe IGS, qui souligne l’important travail d’ « ingénierie pédagogique numériquen» à réaliser pour parvenir à la digitalisation de l’offre.

Financement

En matière de financement, Martine Roblin souligne que si le paiement au forfait est inscrit dans les textes depuis 2014, l’attitude des Opca est loin d’être homogène. « C’est beaucoup plus simple à Paris qu’en Auvergne-Rhône Alpes », assure-t-elle. Et d’expliquer : « on nous dit de co-construire nos programmes avec les Opca, mais nous ne pouvons pas le faire avec 15 Opca différents ». Pourtant, rappelle-t-elle, « la digitalisation a un coût car c’est une vraie stratégie qui nécessite la transformation de nos pratiques : le département digital d’IGS, c’est 10 personnes à temps plein… »

  • Le site de la Fédération de la formation professionnelle (FFP) : http://ffp.org/

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