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La Fondation Égalité-Mixité soutient la formation de femmes aux métiers du bâtiment

Dispenser une formation préqualifiante de six mois, gratuite et rémunérée, dans le secteur du bâtiment second-œuvre à un public féminin fragilisé à Cormeilles-en-Parisis (Val-d’Oise). Telle est la mission que s’est fixée l’association Habiter au quotidien, lauréate d’un appel à projets lancé en 2016 par la Fondation Égalité-Mixité, dont la liste a été récemment dévoilée. En tout, onze projets «~innovants~» sont soutenus à hauteur d’environ 500~000~euros.

Rédigé par . Publié le 08 mars 2017. Mis à jour le 11 mars 2019.

Créée en 2014, sous l’impulsion de Najat Vallaud-Belkacem, alors ministre des Droits des femmes, avec pour membres fondateurs les entreprises Axa, Engie, Michelin et Orange, cette fondation a pour ambition de « valoriser des projets innovants favorisant la mixité des métiers », ainsi que « l’égalité entre les femmes et les hommes dans le monde professionnel ».

S’insérer et poursuivre sa formation

« Habiter au quotidien existe depuis 1987. À l’origine, nous tenions une permanence dans le quartier de la Goutte-d’Or, à Paris, pour aider des femmes précaires à trouver un logement », se rappelle Daniela Bulfaro, chargée de mission de l’association. « Constatant l’insalubrité dans laquelle certaines d’entre elles vivaient, nous avons mis en place des cours de bricolage. Cela leur a permis de s’entraider pour réhabiliter leurs domiciles respectifs », complète-t-elle. À la demande des bénéficiaires, l’association lance une formation professionnelle en 1995.

Depuis, chaque année, huit femmes – en majorité allocataires du RSA ayant un faible niveau de qualification – suivent les enseignements d’un formateur des Compagnons du Devoir, dans le cadre d’un chantier école. « En partenariat avec l’Esat [1] de Cormeilles-en-Parisis, nous rénovons des bâtiments utilisés par des personnes handicapées. Cette année, il s’agit d’une résidence à Eaubonne (95) », poursuit Daniela Bulfaro. L’objectif, à terme : l’insertion dans l’emploi, que ce soit en entreprise ordinaire, d’insertion (Infobat, Compagnons bâtisseurs, Restos du cœur…) ou par la voie de l’auto-entreprise. « Nous les encourageons à continuer leurs études par la voie du contrat de professionnalisation », souligne-t-elle.

Une forte motivation

Dans le cadre de l’appel à projets, l’association a reçu 13 500 euros de la Fondation Égalité-Mixité. « C’est ce que nous avions demandé. Nous leur sommes très reconnaissantes de nous soutenir car nous peinons à obtenir des financements publics », dit Daniela Bulfaro. Si elle constate que les préjugés persistent concernant les femmes dans le bâtiment, « les choses avancent », dit-elle. « La formation comprend un mois de stage en entreprise. Les employeurs se rendent compte que les femmes sont à la hauteur, et capables de s’intégrer dans une équipe masculine. Celles qui se tournent vers le bâtiment le font par choix, contrairement à certains hommes que l’on oriente par défaut. Leur motivation est plus forte, ce que les entreprises apprécient. »

D’autant qu’après un passage à vide post-crise, le secteur du bâtiment est reparti en 2015 et recherche de la main-d’oeuvre. En effet, selon la FFB (Fédération française du bâtiment), la construction du Grand Paris et les enjeux de la transition énergétique devraient notamment favoriser l’activité pour les prochaines années…

[1] Établissement et service d’aide par le travail.

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