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La réforme de la formation professionnelle créera de la richesse (Rapport Roland Berger pour la FFP)

Dans un rapport publié mercredi 11 octobre, la Fédération de la formation professionnelle (FFP) mesure l’impact d’une réforme structurelle de la formation professionnelle sur la performance économique globale.

Rédigé par . Publié le 12 octobre 2017. Mis à jour le 11 mars 2019.

Le cabinet Roland Berger mandaté pour réaliser cette étude évalue ainsi à 2,5 milliards d’euros sur 5 ans le gain attendu. « Nous démontrons que la formation crée de la richesse et réduit le chômage à condition de libérer les initiatives et de recentrer les missions du service public », réaffirme Jean Wemaëre, le président de la Fédération de la formation professionnelle, dans un entretien accordé au Quotidien de la formation, mercredi 11 octobre.

Plus d’autonomie

Le modèle d’impact de la formation professionnelle du cabinet Roland Berger part du postulat qu’une augmentation de 1% du taux d’accès à la formation continue génère une hausse de 0,66% de la productivité et améliore le PIB (Produit intérieur brut) de 0,3%. Or, en France, 36% des actifs participent chaque année à une action de formation contre 65% aux Pays-Bas et 53% en Allemagne. Il faut donc, selon la FFP, placer le compte personnel de formation au centre du système de formation, mettre fin au recours automatique à la prescription et réformer la certification. « Un CPF renforcé, simplifié et associé à un compte épargne formation auraient un véritable effet positif sur l’accès à la formation. Les individus ont besoin de choisir leur formation et de se sentir responsabilisés pour s’engager », insiste Jean Wemaëre. Selon les calculs de Roland Berger, une autre proposition de la FFP, le crédit d’impôt formation, ferait gagner un point de PIB par an et le compte épargne formation permettrait de former 500 000 personnes supplémentaires en 2019.

D’un paritarisme de gestion à un paritarisme de services

La FFP milite pour un recentrage des missions du service public sur l’accompagnement, la gestion prévisionnelle des métiers et des compétences et le déploiement de stratégies territoriales. Chiffres à l’appui, la FFP propose de diminuer l’intermédiation financière des Opca. Une mesure qui permettrait un gain du PIB de 0,25% soit 5, milliards d’euros grâce à la réallocation d’une partie des frais de gestion vers des formations. La FFP propose de réaffecter une partie du financement des contrats aidés vers l’alternance. La création de 83 000 contrats de professionnalisation – dont les taux d’insertion atteignent 76% – supplémentaires pourraient ainsi générer 106 millions d’euros de dépenses publiques.

Digitaliser les offres de formation

Le rapport insiste également sur l’évolution nécessaire de l’offre de formation dont l’évaluation doit être assurée par « une autorité totalement indépendante ». Plus agiles, plus courtes, les formations doivent également s’appuyer davantage sur les outils numériques. « La France est en retard. Nous devons accélérer notre digitalisation et adapter la réglementation », estime Jean Wemaëre. Seuls 35% des salariés en bénéficié d’une formation en partie digitale en 2016 contre 46% en Europe selon le baromètre Cegos.

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