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Le comité d’entreprise d’Opcalia interroge sa direction sur la restructuration de l’Opca

C’est un comité d’entreprise de longue haleine qui s’est tenu chez Opcalia au cours de ces deux dernières semaines. Entamé le vendredi 23 octobre, il s’est prolongé le mardi suivant. Deux séances au cours desquelles les représentants du personnel ont demandé à leur direction des informations concernant la restructuration de l’Opca.

Rédigé par . Publié le 03 novembre 2015. Mis à jour le 11 mars 2019.

Que se passe-t-il à Opcalia ? Le 22 septembre dernier, son directeur général, Philippe Huguenin-Génie, faisait savoir par voie de communiqué de presse qu’il quittait ses fonctions à la tête de l’Opca interprofessionnel, notifiant ses “divergences de vues” (lire) avec les administrateurs syndicaux et patronaux quant à la façon de mener la transformation. Un départ suivi, peu de temps après, par celui du vice-président CFE-CGC, Jean-Paul Saintomer.

De quoi susciter nombre de rumeurs quant à l’avenir de l’Opca. D’autant que du côté des administrateurs, la règle était au silence radio. Joints par Le Quotidien de la formation, plusieurs d’entre eux – aussi bien patronaux que syndicaux – ont préféré garder le silence. De même que le directeur général démissionnaire et celle qui lui a succédé, Claire Khecha. Seul Jean-Paul Saintomer a tenu à clarifier les raisons de son propre départ, pour raisons de santé, indépendant de l’actualité d’Opcalia. Puis, le 13 octobre le président du Medef, qui évoque la possibilité d’une réduction d’un tiers de ses effectifs de l’organisme. Une déclaration malencontreuse selon Jean-Paul Saintomer : “Alors que les Opca interprofessionnels et interbranches sont en train d’examiner leurs pistes de restructuration, sa déclaration tombait vraiment mal !”, a-t-il déclaré au Quotidien de la formation, précisant que ce sont des raisons de santé qui le poussent à démissionner, et non l’actualité d’Opcalia.

Impact de deux réformes

Comme tous les organismes collecteurs, Opcalia se voit impacté par deux réformes : celle de la formation professionnelle du 5 mars 2014 qui diminue le volume de sa collecte (de presque 900 millions d’euros par an, elle pourrait être réduite d’un tiers) et celle, à venir, du regroupement des régions. Si Opcalia compte aujourd’hui vingt-deux bureaux régionaux, il ne devrait plus y en avoir que treize à l’horizon 2016. Avec le risque de casse sociale pour les salariés ne disposant pas de la mobilité suffisante pour s’adapter à la nouvelle donne.

Départs volontaires ou PSE ?

Au siège, on évoque la possibilité de 100 à 150 suppressions de postes sur les 830 actuels. Pourtant, au mois de septembre, le conseil d’administration avait réuni les présidences de ses instances régionales pour leur présenter le programme “Osons la transformation”, élaboré par le cabinet Zalis spécialisé dans le management de transition. Un projet qui, selon Jean-Paul Saintomer, “imaginait un scénario de redéploiement de l’Opca, mais ne prévoyait aucun PSE”. “Dans ces conditions, je ne sais pas d’où sortent ces chiffres de 100 à 150 suppressions d’emplois. Je ne les ai jamais vus circuler nulle part”, poursuit l’ancien vice-président. Et quid de ce programme de transformation après le départ de Philippe Huguenin-Génie ? Pour l’instant, c’est le flou.

Contrairement à Agefos-PME, l’autre Opca interprofessionnel, qui présentait à son propre comité d’entreprise son projet de redéploiement au travers d’une politique de départ volontaire le 29 octobre dernier, aucun plan de restructuration formel n’a pour l’heure été présenté aux représentants du personnel d’Opcalia. Mais si aucun PSE ne semble à l’ordre du jour, certaines organisations syndicales pointent du doigt une politique de réduction discrète des effectifs menée par l’Opca depuis près d’un an. “On estime à quatre-vingts le nombre de salariés qui ont été incités à quitter le réseau Opcalia au travers de licenciements ou de ruptures conventionnelles durant ces douze derniers mois”, note Odile Grandjean, présidente de la FIECI (Fédération nationale du personnel de l’encadrement des sociétés de service informatique, des études, du conseil et de l’ingénierie), une fédération liée à la CFE-CGC. Et, selon elle, les “incitations à partir” ont parfois été “très lourdes”. De quoi mettre en alerte les IRP d’Opcalia qui, à l’occasion du CE des 23 et 27 octobre ont exigé de la direction qu’elle leur remette les comptes 2014 de l’organisme et leur présente les perspectives pour 2015 et 2016.

Problème de timing, cependant : les mandats des représentants du personnel arrivant bientôt à terme, de nouvelles élections du CE et des DP doivent se tenir le 18 novembre prochain. Ce qui laisse une inconnue : la négociation à venir fera-t-elle l’objet d’un CE extraordinaire organisé avant cette échéance ou relèvera-t-elle du prochain comité d’entreprise ?

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