Hervé Monange, secrétaire général du Conseil d’orientation pour l’emploi.

Le Conseil d’orientation pour l’emploi prône une stratégie globale de la formation pour réussir la transformation numérique

Face à ce que l’on appelle désormais la quatrième révolution industrielle, le Conseil d’orientation pour l’emploi (COE) a identifié les compétences clés à développer en France pour adapter les emplois à la nouvelle économie numérique. Selon son dernier rapport rendu public mercredi 20 septembre, ces enjeux complexes exigent une approche globale de la formation et une nouvelle méthode de travail.

Rédigé par . Publié le 21 septembre 2017. Mis à jour le 11 mars 2019.

En janvier dernier, le COE estimait que plus de la moitié des actifs verraient le contenu de leur emploi changer sous l’effet de la montée en puissance des nouvelles technologies, de la robotique et de l’intelligence artificielle. Aujourd’hui, l’organisme de réflexion rattaché à Matignon réalise un diagnostic des compétences nécessaires.

Le secteur des experts en nouvelles technologies devrait ainsi rester en forte tension avec plus de 80 000 emplois estimés vacants d’ici 2020 pour les seules technologies de l’information et de l’électronique. Deuxième champ à développer, les nouvelles compétences techniques liées à la transformation des métiers y compris des connaissances supplémentaires comme l’agronomie pour les métiers agricoles ou des expertises produit plus poussée pour les vendeurs. Enfin, la lutte contre l’illectronisme, c’est-à-dire l’absence de maîtrise des outils numériques, doit se renforcer en intégrant des compétences sociales et situationnelles.

Certifier les compétences transversales

Face à ces enjeux multidimensionnels et multisectoriels, le rapport insiste sur la nécessité d’aborder la formation d’une manière globale et articulée. Plusieurs actions doivent être menées de front. Il s’agit d’adapter les qualifications en identifiant et en intégrant rapidement les nouveaux besoins en compétences dans un environnement en pleine mutation. Le COE invite également à repenser l’articulation entre la formation initiale et la formation continue. Autre point clé soulevé dans le rapport, la nécessité de certifier toutes les compétences, y compris transversales, aujourd’hui indispensables pour améliorer les parcours professionnels.

Un « Grenelle des compétences »

Le COE propose une méthode dans laquelle le dialogue social et les partenaires sociaux jouent un rôle stratégique. Dans l’entreprise ou dans la branche, ces derniers sont selon le rapport les mieux placés pour aborder dans sa globalité les impacts de la transition numérique, établir des référentiels de compétences et animer la gestion prévisionnelle des compétences (GPEC) ou encore développer les certifications interbranches (CQPI). Afin d’assurer une cohérence des actions et une coopération entre les différents acteurs concernés, le rapport propose également le lancement d’un « Grenelle » des compétences réunissant les ministères, les partenaires sociaux, les régions, les organismes de formation, les associations et les acteurs de l’insertion. Il s’agit de mutualiser et de partager les analyses, les bonnes pratiques et de construire un langage commun pour dépasser les cloisonnements.

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