Jean-Marie Max, président du Cnefop.

Le Conseil national valide son premier bilan d’étape du déploiement du compte personnel de formation et du conseil en évolution professionnelle

La première séance plénière de la nouvelle configuration (Lire notre article) du Conseil national de l’emploi, de la formation et de l’orientation professionnelles (Cnefop) s’est tenue mardi 12 avril en présence de Clotilde Valter, secrétaire d’État chargée de la Formation professionnelle et de l’Apprentissage, de François Bonneau, président délégué de l’Association des Régions de France, et de Gérard Cherpion, président de la commission emploi, formation professionnelle et apprentissage de l’ARF et président de la commission qualité, développement des compétences et des qualifications (Lire notre article) du Cnefop.

Rédigé par . Publié le 14 avril 2016. Mis à jour le 11 mars 2019.

Le Conseil a adopté à l’unanimité le premier rapport sur la mise en œuvre du compte personnel de formation (CPF) et du conseil en évolution professionnelle (CEP) en séance plénière, après qu’il eut été examiné par les commissions (Lire notre article).

« Constatant le lien étroit entre ces deux droits, le Cnefop a choisi de rédiger un rapport commun issu des travaux de deux commissions distinctes, tout le long de l’année 2015 ainsi que des auditions réalisées, de novembre à janvier, 46 auditions auprès d’acteurs ayant contribué d’une manière ou d’une autre au déploiement de ces outils », a précisé Catherine Beauvois, secrétaire générale du Conseil, lors d’un point presse à l’issue de la réunion.

L’objectif de ce rapport en 2 tomes [ 1 ]Le premier tome est consacré au rapport sur la mise en œuvre des deux dispositifs, alors que le second rassemble les contributions écrites que les personnes et organismes auditionnés ont souhaité voir figurer au rapport. est de « rendre compte du suivi du déploiement du CEP et du CPF un an après le début de leur mise en place et de mettre en perspective les étapes qui restent a dépasser pour atteindre les objectifs de la réforme, dans le cadre du pilotage stratégique du déploiement de ces droits ». C’est un bilan d’étape que le Cnefop entend réaliser régulièrement.

CEP dans la durée

Selon Catherine Beauvois, « bien que réputé exister depuis le 1er janvier 2016, il ne sera mature que dans plusieurs années ». En effet, précise le rapport, « le délai très court entre la publication des textes législatifs et règlementaires et leur entrée en vigueur, l’impact du CEP sur la stratégie générale des opérateurs ainsi que les effets sur les bénéficiaires qui ne seront perceptibles qu’à moyen terme, font que le déploiement du CEP prendra nécessairement du temps, quand bien même la mobilisation des opérateurs a été indéniable ».

En 2015, quelque 732 000 personnes ont bénéficié d’un CEP. La réussite du dispositif « ne se mesurera pas au nombre de bénéficiaires. C’est bien la profondeur du service rendu et la réelle contribution à la sécurisation des parcours des personnes qu’il faudra progressivement apprécier, notamment au travers du tableau de bord commun à tous les opérateurs qui, à ce stade n’est pas totalement opérationnel ». D’où l’enjeu de maintenir les objectifs de départ du dispositif tout en les ajustant à partir des signaux d’alerte provenant de l’ensemble des acteurs.

« Ce qui explique que dans le rapport, nous ayons essayé de pointer à la fois les difficultés rencontrées que les réussites enregistrées, toujours dans un esprit constructif », a insisté la secrétaire générale du Cnefop.

Au vu des résultats de la mise en œuvre du CEP, celle-ci estime important de « porter une attention particulière aux conditions de professionnalisation des conseillers (plans de formation des opérateurs et animation des Régions) et de renforcer l’information et l’outillage des bénéficiaires ».

Concernant la professionnalisation des conseillers, le Cnefop juge « indispensable de continuer à développer la formation inter-institutionnelle ou la professionnalisation croisée. Cela permettra aux conseillers d’appréhender la culture institutionnelle de chacun ». Des actions initiées par certaines Régions, ainsi que des outils développés notamment par le Cnam, l’Université ouverte des compétences et Centre Inffo participent à cet esprit d’animation de communautés de pairs.

Mais reste à savoir s’il faut aller jusqu’à la certification des conseillers en évolution professionnelle. « Le Cnefop s’est engagé à instruire ce sujet cette année », a annoncé Catherine Beauvois. Qui a indiqué : « Le rapport est réputé être annuel. Mais, pour 2017, le Conseil a fait le choix de ne pas reprendre la même méthodologie, avec des auditions assez importantes. Il entend se mettre dans une logique de suivi et de pilotage des [46] recommandations faites dans le rapport de manière à sécuriser la mise en œuvre du CEP et du CPF ».

2,5 millions de CPF

Après avoir concentré, tout au long de l’année 2015, toutes les attentes et tous les scepticismes des acteurs et observateurs de la réforme, le dernier connaît une mise en œuvre accélérée. En effet, indique le rapport, en 2015, près de 2,5 millions de personnes ont ouvert leur compte, 359 000 dossiers de formation ont été créés et plus de 212 000 ont été valides, dont 79 % au bénéfice de demandeurs d’emploi et 21 % à celui de salariés.

Cette situation s’explique notamment par les « assouplissements Rebsamen, qui ont facilité la montée en puissance de ce dispositif chez les salariés ». Au 1er janvier 2016, ont été publiées 138 listes de CPNE (couvrant 85 % des salariés), 46 listes régionales et une Version 4 de la liste nationale interprofessionnelle (LNI), qui recensent 12 736 certifications. Une Version 5 de la LNI des certifications éligibles au CPF a été adoptée à l’unanimité ce mardi.

Clotilde Valter s’est félicitée de la « maturité du fonctionnement du quadripartisme». Elle a demandé de poursuivre le travail dans ce domaine et de veiller à ce qu’il soit mis en œuvre sur l’ensemble du territoire, y compris dans le cadre du “plan 500 000 formations supplémentaires”.

« Il appartient aux services de l’État de veiller à son bon fonctionnement », a rapporté Jean-Marie Max, président du Cnefop.

Notes   [ + ]

1. Le premier tome est consacré au rapport sur la mise en œuvre des deux dispositifs, alors que le second rassemble les contributions écrites que les personnes et organismes auditionnés ont souhaité voir figurer au rapport.

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