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Le développement de l’alternance au coeur des doléances de l’UNAPL pour le prochain quinquennat

Développer l’alternance dans les entreprises libérales pour susciter de futures vocations, c’est l’une des propositions majeures qu’adresse l’Union nationale des professions libérales (UNAPL) aux candidats à l’élection présidentielle de mai prochain.

Rédigé par . Publié le 17 février 2017. Mis à jour le 11 mars 2019.

S’ils signent chaque année quelque 7 000 contrats de professionnalisation et 5 000 d’apprentissage, les employeurs libéraux jugent qu’un développement de ces voies d’insertion dans l’emploi serait de nature à favoriser de nouvelles vocations. « Les cursus théoriques universitaires forment des professionnels de très haut niveau, mais ça ne suffit pas. Nous avons besoin de développer l’alternance dans nos métiers. Cela pourrait passer par la suppression de la limite d’âge (25 ans) qui limite le recours aux contrats de professionnalisation, mais aussi par un accompagnement financier adapté pour les entreprises libérales qui recrutent par ce biais » note Michel Chassang, qui concède cependant qu’en matière de développement de l’alternance, « beaucoup de progrès ont été accomplis lors de ce quinquennat », à l’occasion d’une conférence de presse, le 16 février.

La complexité du compte pénibilité

Cette année, toutefois, l’UNAPL dispose d’une chambre d’écho plus large que par le passé. Depuis leur mariage avec les artisans et commerçants de l’UPA en novembre 2016, les représentants des professionnels libéraux ont quitté le champ du « multipro » où ils étaient alors cantonnés pour rejoindre celui de l’interprofessionnel et peser ainsi dans les négociations avec les organisations syndicales et patronales représentatives. La concertation sur le compte personnel d’activité (CPA) qui s’est ouverte le 9 février dernier pourrait être l’occasion pour les employeurs libéraux de donner de la voix, particulièrement contre le compte personnel de prévention de la pénibilité (C3P) face auquel ils se tiennent vent debout. « Nous ne sommes évidemment pas opposés au principe de prendre en compte la pénibilité du travail, mais pas dans le cadre de cette usine à gaz qu’est le compte pénibilité ! » tempête Michel Chassang.

Principal grief des employeurs libéraux face au dispositif : sa complexité, même si, sur les 10 facteurs de pénibilité, seuls trois peuvent concerner spécifiquement certains employeurs exerçant surtout dans les domaines médicaux et para-médicaux adhérents de l’UNAPL (le port de charges lourdes, le travail au contact de matières toxiques, le travail nocturne). « Beaucoup trop technocratique pour nos TPE ! » proteste Michel Chassang, « le compte pénibilité est adapté aux grandes entreprises qui disposent de directions des ressources humaines, pas aux employeurs libéraux. C’est l’éternel problème français, d’ailleurs : les normes sont conçues avant tout pour les grands groupes ».

Un CPF… pour les employeurs libéraux aussi

L’UNAPL ne serait d’ailleurs pas opposée à une extension du compte personnel d’activité aux employeurs libéraux eux-mêmes, non seulement pour tenir compte de la pénibilité des emplois exercés, mais aussi pour leur permettre de disposer pleinement des bénéfices du compte personnel de formation (CPF), nécessaires à leurs propres transitions professionnelles. « L’époque du professionnel libéral qui exerçait le même métier au même statut de sa sortie de l’Université jusqu’à sa retraite est terminée » note le président de l’UNAPL, « nous aussi, nous sommes et serons amenés à connaître des ruptures dans nos parcours ». Un sujet sur lequel l’Union souhaite attirer l’attention des candidats à la magistrature suprême. Dans les semaines à venir, les employeurs libéraux devraient rencontrer les cinq mieux placés dans la course à la présidentielle : François Fillon, Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen et Benoît Hamon.

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