À l’Université d’été du Medef. La 18e édition, les 30 et 31 août sur le campus HEC à Jouy-en-Josas, avait pour thème “Y croire et agir”.

Le développement de l’apprentissage passe par un effort conjoint des entreprises et du monde de la formation

«En 2020 il y aura 2,3 millions d’actifs non qualifiés et en parallèle 2,2 millions d’emplois non pourvus. La solution sera donc évidemment l’apprentissage et il faut faire de l’alternance une voie d’excellence», a expliqué lors de l’Université d’été du Medef, mercredi 31 août, François Séguineau, le directeur général de Toshiba Systèmes France, par ailleurs chargé de l’apprentissage à la CCI Paris-Île-de-France.

Rédigé par . Publié le 01 septembre 2016. Mis à jour le 11 mars 2019.

Si la conférence débat «former: le réveil de la force», était en premier lieu consacrée à la formation initiale et aux rapports entre les entreprises et l’Éducation nationale, la question de l’alternance et de la formation professionnelle n’était jamais loin.

«La méfiance qui a existé à l’égard des entreprises au sein du milieu enseignant n’est plus de mise. Les relations entre ces deux mondes ont beaucoup évolué, ce qui est indispensable avec 40 000 jeunes qui sortent du système éducatif avant la fin de la troisième. L’apprentissage est l’une des principales réponses à apporter, mais cela signifie que les entreprises doivent participer à l’effort pour former ces jeunes. Bien souvent ils n’ont pas les codes du marché du travail, il faut les accompagner pour qu’ils deviennent employables, cela suppose une politique volontariste,» explique Ghislaine Hudson, médiatrice de l’Académie de Paris et proviseur constructeur du lycée international de l’Est parisien, qui ouvre ses portes aujourd’hui.

Centrer l’orientation sur les métiers

Intégrer les moins qualifiés dans des dispositifs en alternance suppose avant toute chose selon François Séguineau une évolution des méthodes d’orientation.« En Allemagne il y a 16 % d’apprentis dans la classe d’âge des 16-25 ans, en France ils sont 5 %. L’orientation doit être centrée sur les métiers et, pour ce faire, les Régions et l’Éducation nationale doivent travailler davantage avec les branches professionnelles sur ces questions, » explique t-il. Jacques Biot, président de Polytechnique, estime pour sa part qu’il faut inverser la logique pour permettre à l’alternance de prendre réellement son envol, et, partir du contrat de travail. «L’idéal serait que les jeunes trouvent un employeur qui leur apporte ensuite le complément de formation. L’apprentissage doit être d’abord un emploi et ensuite une formation.»

Pour passer des vœux pieux à la réalité, tous les intervenants s’accordent à dire que les liens entre le monde éducatif et les acteurs économiques doivent se resserrer.« L’école, mais aussi les familles, doivent comprendre que l’apprentissage ne peut se faire sans les entreprises. Nous avons développé l’alternance pour les formations d’ingénieurs, mais cette voie offre aussi des opportunités pour les niveaux de qualification inférieurs. À force de regarder les modèles allemands ou scandinaves, nous réaliserons que l’apprentissage permet de développer plus d’employabilité parfois qu’un diplôme élevé», poursuit Jacques Biot. «Nous avons développé un système d’évaluation des compétences, mais aussi des visites en entreprises pour permettre, dès la formation initiale, de découvrir comment ces dernières fonctionnent», précise Jorma Kauppinen, le directeur du Finnish board of Education, qui gère notamment l’évolution pédagogique des programmes scolaires en Finlande.

De plus, tous affirment que la question de l’employabilité n’est pas suffisamment prise en compte pour les senior, dans un contexte où il faudra travailler plus longtemps.« La question de l’investissement dans la formation professionnelle doit absolument être posée pour maintenir les performances économiques de nos entreprises. Aujourd’hui les sexagénaires travaillent encore et il faut adapter les politiques de développement des compétences à cette nouvelle donne. De même la formation professionnelle doit s’adapter aux besoins émergents et même les anticiper. Aujourd’hui par exemple un électricien doit être formé aux économies d’énergies, ce métier évolue de plus en plus vers la télécommunication avec la digitalisation», poursuit François Séguineau.

Centre Inffo vous conseille également