La formation des agriculteurs bouleversée par le Grenelle de l’environnement

Par - Le 11 avril 2008.

Vivea et ses adhérents vont devoir revoir leur copie ! L’organisme collecteur de fonds de la formation des entrepreneurs du secteur de l’agriculture réunissait ses cadres, des adhérents et des partenaires le 10 avril pour faire le point lors d’ateliers sur les besoins en formation à prévoir pour satisfaire la nouvelle donne environnementale. « Notre conseil d’administration de l’année dernière a élaboré un plan stratégique triennal jusqu’en 2009 », a confirmé Christiane Lambert, la présidente, « mais depuis, il y a eu des changements de contexte économique, des réflexions sur la réforme de la politique agricole commune et des directives européennes sur les produits phytosanitaires. Le Grenelle de l’environnement fera date. Il marque une nouvelle gouvernance et se traduit par des obligations nouvelles. Pour s’adapter à cette nouvelle donne, les producteurs devront adapter leurs pratiques et se former », a-t-elle confirmé.

Daniel Delalande, chef du bureau de l’énergie, de l’agriculture et de l’industrie au ministère de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire a exposé les besoins en formation induits par les comités opérationnels (Comop) du Grenelle de l’environnement. Par exemple, pour atteindre les 100 000 diagnostics d’exploitations agricoles prévus d’ici 2013 par le Comop performance énergétique des exploitations agricoles, des conseillers devront être formés. Ce qui sera également le cas pour mettre en place la certification haute valeur environnementale où il faudra former des agriculteurs et des conseillers.

Le Comop agriculture et alimentation biologique nécessitera un bel effort de formation, aussi bien initiale que continue. Avec l’objectif d’atteindre 6% de la surface agricole utile consacrée à l’agriculture biologique (elle est d’environ 2% actuellement en France), c’est l’ensemble de la chaîne de production qui devra passer par la case formation (agriculteurs, conseillers et salariés). Et cela pour plusieurs compétences, depuis la conduite de projets, la maîtrise de techniques spécifiques, des compétences d’organisation et de développement de la filière de valorisation des productions. L’accompagnement sera nécessaire avant l’installation en formation initiale, pendant l’installation et après. À l’autre bout de la filière, l’objectif d’introduire 15% (en 2010) puis 20% (en 2012) de produits bios en restauration collective imposera aux gestionnaires et aux cuisiniers de se former.

Du pain sur la planche pour les agriculteurs et Vivea. Pas sûr que son plan stratégique triennal 2007-2009 y suffise : « Il faut préparer une offre de formation adaptée aux objectifs nouveaux et mobiliser des financements et des cofinancements », a souligné Christiane Lambert. Elle note que la demande de formation de la part des agriculteurs a augmenté de 15% en trois ans, et qu’à la mi-avril 2008, la moitié de l’activité formation aura déjà été réalisée.

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