Services à la personne : les CCAS en quête d’un second souffle

Acteurs historiques des services à la personne dans le champ de l’intervention auprès des personnes âgées et/ou handicapées, les centres communaux ou intercommunaux d’action sociale (CCAS-CIAS) s’adaptent à l’évolution du secteur.

Par - Le 01 décembre 2008.

Avec 5 500 structures agréées en 2005 et 15 000 en 2008, la structuration du secteur des services à la personne a fortement évolué depuis le plan Borloo de juin 2005. Comme l’a rappelé Guy Vaujeois, secrétaire général de l’Agence nationale des services à la personne (Ansp) en ouverture de la table ronde organisée mercredi 26 novembre par le magazine Gazette Santé Social dans le cadre du Salon des maires et des collectivités locales (Paris), ce développement a vu « l’émergence très nette d’entreprises commerciales » qui représentent aujourd’hui plus de 50% du secteur en termes d’acteurs. Une évolution qui oblige les CCAS à revoir leur mode de fonctionnement, de l’organisation jusqu’à l’offre de services.

Pour Françoise Nouhen, vice-présidente de l’Union nationale des CCAS, ceux-ci sont « tout à fait capables de diversifier leur offre au-delà de l’aide à domicile pour les personnes âgées », à condition de pouvoir faire face à deux défis majeurs. Premièrement, être capable de répondre, d’une part, au problème de la « solvabilité » des nouveaux services (garde d’enfant, bricolage, jardinage, etc.) et, d’autre part, au challenge posé par l’extension du champ de la protection sociale au « 5ème risque » (dépendance et perte d’autonomie liées au grand âge). Deuxièmement, être à la hauteur des exigences de « professionnalisation » qui supposent un important effort « formation ». A cet égard, les CCAS se trouvent confrontés, estime Françoise Nouhen, à un « manque de clarté » de l’offre de formations conduisant au métiers de l’aide à domicile et à une difficulté certaine à mobiliser les ressources du Cnfpt, dont dépendent les « agents sociaux » des CCAS.

Un paysage plus complexe, donc, mais non dépourvu d’horizon pour peu que les CCAS acceptent l’innovation. Ce qui est le cas en matière d’extension de services avec, par exemple, le recours à la plate-forme France Domicile pour sous-traiter de nouvelles prestations. De même pour le volet formation, avec la recherche de solutions adaptées, ainsi qu’en témoigne la signature d’une convention avec l’Ansp pour optimiser la formation du personnel d’encadrement.

Un diagnostic confirmé par les témoignages de deux représentants locaux, Didier Canart, directeur du CIAS des Coteaux Sezannais, et Annick Barateau, responsable du Service Solidarité Autonomie au CCAS de Biarritz. Deux cas forts similaires qui démontrent la nécessité de mettre en place une meilleure organisation territoriale, d’augmenter la qualité et de réfléchir à l’extension du projet de services tout en veillant à la maîtrise des coûts. Une problématique commune qui appelle des réponses innovantes faisant une large place à la professionnalisation et qui suppose l’implication forte des collectivités territoriales.

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