Vers un transfert expérimental de la formation des détenus aux Régions

Par - Le 02 septembre 2008.

Alors que seuls 8% des 64 000 détenus accèdent à la formation professionnelle, le projet de loi pénitentiaire, présenté le 28 juillet en conseil des ministres, prévoit de transférer la formation aux Régions. Ce transfert devrait comprendre l’organisation et le financement des actions de formation professionnelle continue. Des conventions avec les Régions pourront être signées à compter du 1er janvier, à titre expérimental.

Actuellement, le financement de la formation professionnelle des détenus est pris en charge par la DGEFP et par le FSE ; la gestion de ces crédits étant déconcentrée au niveau des préfectures de région. Pour motiver cette expérimentation, le ministère de la Justice argue que « le dispositif actuel est particulièrement lourd et ne permet pas aux responsables pénitentiaires de conduire une politique ambitieuse et dynamique de formation professionnelle en direction des détenus ». La Chancellerie précise aussi que « des actions de repérage de l’illettrisme des détenus seront renforcées avec les crédits nécessaires en loi de finances ».

Autre expérimentation concernant le travail en prison : l’installation de deux centres d’appels téléphoniques. Pour la première fois en France, des détenus travailleront dans le secteur des services. Alors qu’aux États-Unis, le télé-marketing est couramment pratiqué par les prisonniers, ce type d’emploi était jusqu’alors proscrit dans les prisons françaises, par souci de sécurité.

En plus d’inquiéter certains surveillants pénitentiaires, cette annonce crée le trouble du côté des syndicats de la téléphonie : « Cela ternira encore un peu plus l’image du métier de télé opérateur déjà fortement mis à mal par le comportement de certains employeurs du secteur », a déclaré la CGT, qui relève que ce travail n’apportera pas aux détenus « une nouvelle qualification, pourtant essentielle à la préparation à la sortie ».

Une porte-parole de l’administration pénitentiaire a confirmé à l’AFP l’existence de ces projets, sans autre précision. Selon Xavier Burot, secrétaire fédéral CGT en charge des centres d’appels, ces projets pourraient concerner la centrale pour femmes de Rennes, où quinze à vingt postes seraient créés pour prendre les rendez-vous des commerciaux d’une entreprise, et une autre prison où serait installé un standard de renseignements téléphoniques.

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