La gouvernance des dispositifs d’accompagnement et d’orientation des adultes

Par - Le 01 février 2010.

C’est sur ce thème que les partenaires sociaux ont échangé leurs points de vue lors de la table ronde organisée le 29 janvier à la 11ème université d’hiver de la formation professionnelle à Arles.Ils ont concentré leurs débats sur la réforme du 24 novembre 2009 et le rapport Guégot sur l’orientation.

Quel outil pour la plateforme ?

En premier lieu, Francis Da Costa, président de la commission Education-Formation au Medef, a rappelé que « les partenaires sociaux ont un véritable rôle d’accompagnement » à jouer, prenant l’exemple du bilan de compétence, de l’entretien professionnel ou encore de la VAE. Francis Da Costa a également souligné que le Medef avait insisté sur « le renforcement de l’éducation à l’orientation » et a estimé que « l’outil pour la plateforme existe déjà » évoquant le portail Orientation & formation -piloté par l’Etat, les Régions et les partenaires sociaux et dont le Centre Inffo est maître d’oeuvre- qu’il juge « performant ».

Laurence Martin, de Force Ouvrière s’est quant à elle félicitée que « le lien entre la formation initiale et la formation continue à se faire et qu’il soit repris dans le rapport Guégot ». Elle a aussi affirmé que FO avait été auditionnée pour le rapport Guégot et que son syndicat était satisfait de la reprise du « droit à l’erreur qui donne une capacité à choisir quel que soit le statut ».

Jean-Luc Gueudet, secrétaire confédéral chargé de la formation professionnelle à la CFDT a rappelé que « les partenaires sociaux ont été sollicités par l’Etat pour contribuer à la création du portail Orientation & formation depuis 2006 » et donc que « l’engagement des partenaires sociaux n’est pas que financier ». Il s’est aussi réjoui de l’inscription du droit à l’orientation dans le rapport Guégot et a affirmé qu’il était « favorable à la mise en réseau des organismes et des partenaires de la formation tout en ayant comme objectif d’apporter aux bénéficiaires un plus immédiat ».

Jean-Michel Pottier de la CGPME est quant à lui satisfait de la mise en place « du processus d’individualisation du parcours de formation professionnelle » ce qui permettra « de mieux cerner les besoins des entreprises et notamment des PME. » Pour lui aussi, « le principe de co-construction est indispensable », comme l’a montré la POE qui fonctionne grâce à la coordination des acteurs.

Bémols

Jean-Marie Truffat de l’UNSA regrette que la formation initiale différée n’ait pas été reprise dans la loi, parlant « d’occasion manquée » car elle permet de « donner une deuxième chance à ceux qui n’ont pas pu ou su la saisir ».

Michel Morin, vice-président du Conseil régional de Bretagne et membre de l’ARF a exprimé le mécontentement des Régions : « qu’il y ait un service public de l’orientation, c’est bien, mais quand le service public n’a pas les moyens nécessaires pour l’appliquer, c’est une usurpation du service public » a-t-il lancé, parlant de « recentralisation, alors que les Régions gèrent un service public de l’orientation depuis des années », citant l’exemple des sites internet, les maisons d’accueil, les numéros verts. Il s’interroge aussi sur la localisation des futures plateformes téléphoniques, estimant qu’elles « ne peuvent être hors sol ! ». Michel Morin a poursuivi en évoquant le financement de ce service public de l’orientation, expliquant que « les territoires ne sont pas tous égaux devant la capacité à se former ». Il a donc posé la question des aides qui seront attribuées aux territoires qui en ont besoin. Concluant, « avec ou sans la loi, le Service Public de l’Orientation se fait déjà ».

Pierre Le Douaron, adjoint de la sous-direction des politiques de formation et du contrôle à la DGEFP, a répondu aux différentes sollicitations en affirmant que « les champs ne sont pas vierges, nous devrons fédérer l’ensemble des perspectives sans oublier de prendre en compte les injonctions européennes.» Il a également rappelé que le Premier ministre réunirait un comité de coordination avec tous les acteurs.

Pierre Ferracci a conclu en soulignant que « les problèmes institutionnels et de gouvernance ne sont pas réglés dans le rapport Guégot » avant de prévenir « attention à ne pas trop charger la barque du CNFPTLV, devenu CNOFPTLV, car où sont les moyens pour toutes les nouvelles missions d’évaluation qu’on lui a données à tous les niveaux. Le rapport a un objectif de qualité, la faisabilité opérationnelle qui nous reste à construire » a-t-il conclu.

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