Les métiers de l’automobile montent le niveau

Par - Le 11 octobre 2010.

Avec près d’1,5 million de visiteurs en deux semaines, le Mondial de l’automobile (à Paris, porte de Versailles) constitue une véritable vitrine pour le secteur. Pour les constructeurs bien sûr, mais aussi pour les formateurs, également présents. L’occasion de faire le point sur l’offre de formation et les perspectives d’embauche du transport.

Selon l’observatoire de l’Association nationale pour la formation automobile (Anfa), 440 000 salariés travaillent dans les trois secteurs du transport. 400 000 dans le secteur automobile, qui compte 82 000 entreprises, du garage et de la carrosserie indépendante aux réseaux de marque ; 21 000 dans le secteur camion, qui totalise 1 900 entreprises ; et, enfin, 15 000 dans le secteur moto-vélo, qui représente 5 900 entreprises, plutôt de petite dimension. Quatre familles de métiers structurent l’offre de formation : commerce, services, maintenance et réparation, carrosserie et peinture.

Si le CAP reste le premier niveau d’employabilité, Catherine Rajalu, directrice de la communication du Garac, école nationale des professions de l’automobile, insiste sur l’élévation générale du niveau : “La voiture est devenue tellement complexe qu’il faut désormais au minimum un bac professionnel pour assurer des tâches intéressantes et un BTS pour évoluer.”

À tel point que la branche a même souhaité disposer d’une formation d’ingénieur en maintenance automobile pour répondre à ses besoins en matière de distribution et d’après-vente. Accessible en trois ans d’apprentissage après un BTS, un DUT ou une licence professionnelle, ce nouveau titre, géré par l’Afisa[ 1 ]Structure partenariale réunissant le Cnam, l’Anfa, le Garac et le Conseil national des professions de l’automobile (CNPA)., a connu sa première promotion cette année. Selon Catherierine Rajalu, de 10 à 15 apprentis par an devraient ainsi pouvoir se positionner comme cadres de haut niveau, détenteurs d’une double compétence de référent scientifique et technique et de manager et organisateur.

Au delà de cette formation de niveau I, “c’est le contenu de l’ensemble des formations qui a fortement évolué ces dernières années, indique Philippe Mérel, chef du développement de l’action institutionnelle à l’Anfa. Du fait de la concurrence forte entre les groupes, les entreprises traditionnelles et les réseaux de réparation rapide, la notion de service est désormais indissociable, du CAP au bac + 5, des aspects mécaniques et technologiques”. Et d’ajouter : “Nous avons d’ailleurs créé une licence pro dans la filière services pour répondre aux exigences de middle management et de management, la promotion interne ne suffisant plus à satisfaire les besoins des grands groupes.”

Impacté par le ralentissement de l’activité économique, le secteur de l’automobile a néanmoins bénéficié de deux dispositifs financés par l’État et l’Anfa, souligne Philippe Mérel. D’une part, “Compétences Avenir”, destiné à accompagner les mutations dans les TPE, d’autre part, “Compétences Emplois”, qui vise à “former plutôt que licencier”.

En matière d’emploi, la reprise en cette rentrée 2010 est constatée à l’Anfa, comme au Garac. Y compris pour l’activité “véhicules industriels”, la plus durement touchée par le ralentissement de l’économie. De même pour les vendeurs, dont l’avenir est toutefois encore incertain, avec la fin annoncée de la prime à la casse. À noter toutefois que la demande existe en ce qui concerne la vente et le magasinage de pièces auto, “activité qui pâtit d’une mauvaise image, relève Catherine Rajalu, alors qu’il s’agit d’un poste spécialisé où les compétences en matière de gestion de stock s’ajoutent à celles techniques et commerciales, de niveau BTS”.

Autre problème pour les organismes de formation, la pyramide des âges. D’un côté, la “chute libre de la courbe démographique des jeunes de 16 ans” leur pose des problèmes de recrutement ; de l’autre, “l’âge très élevé des chefs d’entreprise de moins de 10 salariés génère un gros travail de la branche en matière d’accompagnement à la création-reprise d’entreprise”, indique Philippe Mérel. Encore de nouvelles compétences à acquérir…

Du CAP à bac +5, 1 100 jeunes dont près de la moitié en apprentissage sont formés chaque année au Garac, plus de 60 000 à l’Anfa dont 26 000 apprentis et près de 2 600 contrats de professionnalisation.

Notes   [ + ]

1. Structure partenariale réunissant le Cnam, l’Anfa, le Garac et le Conseil national des professions de l’automobile (CNPA).

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