Sécurisation ne rime pas toujours avec simplification

Par - Le 29 janvier 2010.

La réforme et le Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels (FPSPP) ont été au cœur des débats de la table ronde hier matin à la 11ème UHFP en Arles.

« Les partenaires sociaux n’attendent qu’une chose, le décret du Conseil d’Etat qui permettra le lancement du FPSPP« , s’est impatienté Francis Da Costa (Medef, président du FUP). Aussitôt rassuré par Marie Morel (DGEFP) qui affirme que ce n’est qu’une question de jours. Regret de l’ARF, toujours sur le FPSPP, exprimé par Pascale Gérard (CR Paca) : l’Association des Régions de France aurait souhaité être partie prenante de la convention cadre entre l’Etat et le FPSPP.

Pour le fonctionnement de celui-ci, Francis Da Costa a assuré « que le principe d’appels à projets avait fait ses preuves« . Il a par ailleurs cité les ‘grandes conventions’ que le FPSSP doit conclure, avec par exemple Pôle emploi, les organisations professionnelles d’employeurs et de salariés et les conseils régionaux.

Les publics prioritaires du FPSPP ne se limiteront pas uniquement aux niveaux V ou infra mais aussi au » premier niveau opérationnel de qualification défini par la branche, un point salué comme une avancée, notamment par Francis da Costa et Bernard Legendre (ACFCI),

Au chapitre des innovations pour améliorer la sécurisation des parcours professionnels, plusieurs exemples ont été cités. Bruno Lucas (Pôle Emploi) explique ainsi que « l’orientation et la formation sont désormais au cœur de l’accompagnement des demandeurs d’emploi », ce qui se concrétisera notamment par la formation des conseillers à la gestion des CRP et des CTP et par l’arrivée des psychologues de l’Afpa.

Qui dit innovation dans la sécurisation des parcours dit également « nouveaux outils et nouvelles certifications » pour George Asseraf, président de la Commission nationale de certification professionnelle. Celle-ci a réalisé un inventaire d’autres formes de certifications qui pourraient reprendre un certain nombre de compétences transverses utiles à un poste. Pour George Asseraf, « on devrait davantage aller vers un diplôme de compétences que sur un diplôme traditionnel ».

Deux points sont assez fortement critiqués. « La ‘tuyauterie’ n’est pas simplifiée » pour Thierry Le Paon ». « Surtout pour les entreprises », renchérit Michel Yahiel (ANDRH)

Second sujet qui inquiète, la communication sur la réforme. Jean-Pierre Théry (CFTC) a présenté la politique adoptée par son syndicat : mise en place de correspondants GPEC auxquels sera remis un kit sur l’ensemble de la réforme après qu’ils aient suivi une formation ad hoc. Christian Dapilly (Véolia environnement) regrette tout le temps qui devra être consacré aux questions administratives et aux contacts avec les multiples acteurs au lieu d’être concentré sur la gestion des compétences. Même point de vue de Bernard Legendre qui redoute que « le temps d’explication de la réforme se substitue au temps consacré à l’innovation« . Quant à Joël Ruiz (Agefos-PME) il considère que la première cible doit être les TPE et les PME. Et, pour leur rendre la réforme intelligible, « il faut d’abord parler le « métier de l’entreprise (ses emplois, ses compétences, etc.) avant d’aborder le décryptage des dispositifs« , estime-t-il.

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