Conseil tuteur externe senior : du positif pour l’entreprise, les jeunes et les seniors aquitains

Par - Le 28 avril 2011.

L’association CTES (Conseil tuteur externe senior) a été créée en avril 2010 par Natacha Danilov, ancienne manager cadre de France Télécom-Orange. Alors qu’elle suivait une formation de formateur-consultant, Natacha Danilov a réalisé un mémoire sur le tutorat en présentiel et à distance – qui lui a fait prendre conscience que dans vingt ans, l’Aquitaine serait la région qui compterait le plus de seniors, avec un taux de 38 % (contre une moyenne nationale prévue à 34 %).

D’un autre côté, elle observait le développement constant des contrats de professionnalisation. “J’ai compris qu’il fallait lier les deux, d’autant que nous avons 80 % de PME-TPE en Aquitaine, qui n’ont pas les moyens d’avoir des tuteurs”, explique-t-elle aujourd’hui. Suite à la loi de 2009 qui a permis aux Opca de financer les tuteurs externes (voir encadré), Natacha Danilov a pensé à mettre à disposition de ces entreprises des tuteurs formés.

L’association CTES a été sélectionnée par la Région dans le cadre du Fonds d’innovation pour la formation professionnelle, pour mener une expérimentation sur dix-huit mois, de janvier dernier à août prochain. “L’objectif est de former vingt tuteurs, qui prendront en charge trois jeunes chacun”, précise Natacha Danilov. Ces tuteurs étant soit des anciens cadres à la retraite, soit des cadres seniors demandeurs d’emploi.

Avant de commencer son accompagnement, chaque tuteur doit suivre une formation d’un mois, dont une partie à distance, dispensée par l’association CTES, qui est également organisme de formation. “Les tuteurs auront en effet deux missions : accompagner le stagiaire, mais aussi assurer une fonction de tutorat en entreprise pendant un mois. Une offre que nous proposons à titre gracieux afin que ces dernières s’aperçoivent du bénéfice d’un bon tutorat”, poursuit la présidente de CTES. La mission des futurs tuteurs concerne essentiellement le savoir être et les obstacles éventuels à la formation, tels que le logement ou les transports.

tutorat_v2.jpgMais tout le monde ne peut pas devenir tuteur pour l’association CTES : il faut donc être senior en retraite ou demandeur d’emploi, avoir au moins quinze ans d’expérience métier, et une expérience en tutorat ou “une prédisposition à l’accompagnement”. De plus, il est nécessaire que les tuteurs soient à l’aise avec les nouvelles technologies. “Sur dix heures de suivi mensuel, nous comptons une ou deux heures en face-à-face au début et à la fin du mois, le reste du suivi étant effectué à distance. Bien évidemment, le temps de face-à-face sera plus important si le stagiaire rencontre des difficultés.”

Tuteurs, mais aussi métiers sélectionnés : ceux du tertiaire, du commerce et du sanitaire et social, essentiellement. Pour que le service soit connu des entreprises, CTES a conclu un partenariat avec la CGPME qui diffusera l’information aux syndicats, aux branches professionnelles et à ses entreprises adhérentes. CTES a aussi des partenariats avec les Plie et des Missions locales.

Les tuteurs seront rétribués 250 euros mensuels en moyenne par stagiaire suivi dix heures en moyenne. L’Opca de l’entreprise versera les fonds à l’association CTES qui les redistribuera ensuite aux tuteurs. Le suivi durera de deux à six mois, les Opca finançant six mois de tutorat externe au maximum. Si le tuteur forme l’entreprise à la fonction tutorale, il sera alors payé par jour de formation. “Nous ne proposons pas un emploi à temps complet, mais nous offrons une possibilité aux seniors de rester sur le marché du travail ou d’avoir une activité complémentaire à leur retraite. De plus, cette fonction leur permet de rencontrer des chefs d’entreprise qui pourraient souhaiter travailler avec eux”, souligne Natacha Danilov.

[(Le tutorat externe, au regard de la loi de 2009

La loi du 24 novembre 2009 relative à l’orientation et à la formation professionnelle a permis la prise en charge par les Opca d’un tutorat externe dans le cadre du contrat de professionnalisation, afin de pouvoir traiter des problèmes extérieurs à l’entreprise : santé, logement, transport, etc.

Les Opca peuvent donc financer le tutorat externe à hauteur de 230 euros sur six mois, avec une majoration à 345 euros pour les publics les plus fragilisés (bénéficiaires de minima sociaux, d’un contrat unique d’insertion, etc.).

Pour ce faire, le contrat de professionnalisation doit avoir été conclu avec :

 un jeune de 16 à 25 ans qui n’a pas validé un second cycle de l’enseignement secondaire et non titulaire d’un diplôme de l’enseignement technologique ou professionnel ;

 une personne bénéficiaire de minima sociaux ou en particulier d’un CUI ;

 une personne ayant été suivie par un référent avant la signature du contrat de professionnalisation ;

 une personne n’ayant pas exercé d’activité professionnelle à temps plein et en CDI au cours des trois années précédant la signature du contrat de professionnalisation.

La demande de prise en charge émane de l’employeur. Les modalités de mise en œuvre sont déterminées par les branches professionnelles et leurs Opca.

Article L. 6332-15 du Code du travail et instruction DGEFP du 3 mars 2010.

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