Dans le Nord-Pas-de-Calais, le réseau Etincelle tente de rallumer la flamme des jeunes pour l’entreprise

Par - Le 10 mars 2011.

Sylvain Breuzard a la fibre sociale. Vous l’avez peut-être aperçu lors d’un reportage sur les nouvelles méthodes de management dans l’émission Capital diffusée sur M6 en octobre 2010. Sa méthode : mettre les salariés au cœur des décisions de son entreprise, Norsys, qui emploie 220 salariés en Ile-de-France, à Lyon, Lille et Marrakech, et dont le siège est installé dans le Nord-Pas-de-Calais. Il n’est donc pas étonnant que cet homme ait lancé la fondation Norsys, qui a pour vocation de faciliter l’accès à la connaissance des jeunes les plus en difficulté.

C’est dans le cadre des nombreuses actions effectuées par la fondation que Sylvain Breuzard a rencontré Olivier Vigneron, créateur du réseau NFTE en Belgique (Network For Training Entrepreneuship), réseau issu d’un programme anglo-saxon créé aux Etats-Unis il y a vingt-cinq ans pour aider les jeunes sortis du système scolaire à se réinsérer.
Programme qui a fait ses preuves, puisque en Belgique, 40 % des jeunes ayant bénéficié de l’expérience ont trouvé un emploi dans les mois qui ont suivi, et parmi eux, cinq ont créé leur propre entreprise. En outre, 20 % des jeunes reprennent des études ou une formation.

Sylvain Breuzard et Olivier Vigneron ont donc décidé d’exporter l’expérience en France, et ainsi est né le Réseau Etincelle en novembre 2010. « J’avais envie de trouver un mot qui soit le symbole de notre action. Nous savons très bien que nous n’allons pas révolutionner les choses, mais nous tentons de déclencher quelque chose chez ces jeunes qui ne croient plus en l’avenir, de raviver la motivation qui va faire qu’ils auront envie de se lever le matin pour aller travailler », explique le PDG de Norsys à Centre Inffo.

Mais quelle est cette méthode ? « Nous partons des rêves des jeunes et de ce qu’ils aimeraient créer. La création de l’entreprise est un prétexte pour leur redonner envie de croire en leur avenir. Mais attention, pendant les soixante heures étalées sur neuf semaines que dure la formation, on leur transmet un certain nombre de bases économiques comme les notions de charges, de chiffre d’affaires, de business plan, de marketing… », poursuit Sylvain Breuzard. Les jeunes doivent également prendre la parole en public, utiliser des logiciels et recruter fictivement une personne. « Ce qui fonctionne, c’est que la pédagogie part d’eux. »

A la fin de ce stage un peu particulier, les jeunes doivent présenter leur projet devant un jury dont le but est surtout de les encourager. « Imaginez-vous ce que cela signifie de passer devant un jury pour quelqu’un qui n’a pas son brevet », souligne le PDG de Norsys.

Si la formation n’est pas qualifiante, reste toutefois qu’elle est dispensée par des formateurs agréés par le NFTE de Belgique. Actuellement, ce sont Olivier Vigneron, délégué général du Réseau Etincelle, et son équipe de formateurs belges qui ont dispensé les premières formations, mais des formateurs sont en train de suivre trois cycles de trois jours pour pouvoir former les jeunes. « Nous souhaitons avoir quatre formateurs pour un groupe de dix personnes. Et nous nous sommes fixés comme objectif de permettre à cent jeunes de vivre cette expérience d’ici fin 2011 », précise Sylvain Breuzard. Pour l’instant, une session a eu lieu à Valenciennes, une à Calais et une autre est programmée pour Lille.

Les jeunes viennent essentiellement des Missions locales, mais aussi de diverses associations qui œuvrent pour l’insertion des jeunes sans diplôme, des personnes handicapées ou de jeunes ayant eu des démêlés avec la justice. « Mais nous nous engageons uniquement quand nous sommes certains que le jeune sera suivi dans son projet. »

Le Réseau Etincelle est financé à 90 % par des fonds privés (fondation Norsys, cabinet Linklaters et la fondation Banque Populaire). «Aujourd’hui, tout le monde fait la même chose avec des fonds publics, des associations ont plus besoin de cet argent que nous. Nous avons donc fait le pari de convaincre le monde privé de faire quelque chose de sociétal. » .Sylvain Breuzard croit en son projet, et il planifie déjà d’étendre cette expérience à Lyon et Paris en 2012.

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