L’accompagnement des jeunes : la mise en œuvre de l’ANI du 7 avril 2011 en débat

La première table ronde de la Journée des Missions locales organisée par l’UNML à Saint Denis le 4 octobre était consacrée à l’accompagnement des jeunes. C’était donc l’occasion de revenir sur l’Accord national interprofessionnel du 7 avril 2011 (joint ci-dessous) et sa mise en œuvre, notamment en proposant à 20 000 jeunes des Missions Locales – qui en suivent un million – un accompagnement spécifique qui sera monté dans le cadre d’un appel à projet, avec un fonds de 30 millions d’euros financés par le FPSPP.

Par - Le 06 octobre 2011.

Tous les partenaires sociaux ont souligné la légitimité des Missions locales pour mener à bien cette mission. Pour Laurent Berger, CFDT, « c’est la proximité géographique des Missions locales qui en font la structure la mieux placée pour accompagner les jeunes ». Pour Stéphane Lardy, représentant FO, « l’approche globale des Missions locales et leur pluridisciplinarité est une véritable plus-value ». Ce dernier a également souligné que cet accord a pour objectif de permettre aux jeunes les plus en difficulté d’avoir un emploi durable, mais cela « nécessite un accompagnement social ». C’est en cela que Stéphane Lardy estime que la véritable innovation de l’accord résulte dans « notre capacité à suivre le jeune une fois qu’il est dans l’emploi ».

Les Missions locales les mieux placées pour l’accompagnement

Jean-Patrick Gille, président de l’UNML s’est félicité lui aussi de « la reconnaissance du travail des Missions locales et de leur approche globale et territoriale » dans l’Accord, de même que l’importance de l’accompagnement du jeune avant et dans l’emploi.

Cette table ronde était aussi l’occasion pour la CGT d’expliquer, par la voix de Amar Lagha, son refus de signer l’accord. « On dit qu’il y a urgence mais il n’y a pas de financement du patronat et un désengagement total du gouvernement. Et puis, on s’occupe de 20 000 jeunes, mais on fait quoi des 150 000 décrocheurs restants » lance le représentant de la CGT.

Ce à quoi Benoît Roger-Vasselin, représentant du Medef, a effectivement répondu « que l’accompagnement des jeunes n’est pas dans notre culture, mais ca va le devenir. Nous sommes tout à fait conscients que la situation des jeunes est inacceptable et que cela nous concerne tous. Il reconnaît aussi qu’au sein de son syndicat, le plus dur à été de convaincre ceux qui ne souhaitaient pas pallier un déficit de l’Education nationale à le faire ». Afin de ne pas alourdir les charges des entreprises, les dispositifs déjà existants ont ainsi été fléchés en direction des jeunes.

Pour les artisans, grands consommateurs du contrat d’apprentissage, la problématique n’a pas été la même. « Nous connaissons très bien ce public, et nous sommes tout à fait conscient qu’aujourd’hui il faut redonner de l’espoir aux jeunes et de la visibilité » rappelle Jean Lardin, de l’UPA. Ce que peut se permettre le secteur qui a un besoin constant de main d’œuvre qualifiée. Jean-Michel Pottier, représentant de la CGPME, invite les entreprises à s’intéresser davantage aux Missions locales, et réciproquement.

Une coordination à l’échelon régional privilégiée

Jean-Patrick Gille a affirmé que l’appel à projet était bien évidemment libre, mais qu’une organisation des Missions locales de la même Région souhaitant participer serait la bienvenue. Si des discussions sont prévues dans le cadre des CCREFP, le problème est l’absence des Missions locale au sein de ces comités dans certaines Régions. Jean-Patrick Gille et Jean-Michel Pottier se sont engagés à ce que les instances régionales de l’UNML et de la CGPME prennent contact, et ont incités tous les partenaires sociaux à le faire. Pour Jean Lardin de l’UPA, cela ne pose aucun souci, mais il faut alors prendre en compte les deux casquettes des artisans, celles d’entrepreneurs et celle d’élus à la chambre des métiers, le tout sans concurrence.

Dans le public, les questions se sont succédées et les remarques ont été nombreuses. Le contrat d’autonomie et son aspect concurrentiel a été sifflé par les participants, et Marie-Laure Meyer, présidente de la Mission Locale de Nanterre, a pointé non pas un problème d’accompagnement – 70% des jeunes de sa Mission locale étant déjà en accompagnement renforcé – mais l’absence d’emploi entre celui « de femme ou d’homme d’entretien et ceux accessibles uniquement à bac +2 ».

Gabrielle Hoppé, représentante de la DGEFP, a affirmé que l’appel à projet était prêt, et qu’il serait soumis aux partenaires sociaux d’ici la fin de la semaine. Si 20 000 jeunes reste un petit échantillon au regard des jeunes qui doivent bénéficier d’un accompagnement renforcé, elle a insisté sur l’intérêt de l’évaluation et du pilotage. La CFDT sera d’ailleurs « très attentives au suivi, non pas quantitatif mais qualitatif et l’intérêt que le dispositif aura apporté aux territoires et aux Missions locales ».

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