Les conventions locales de labellisation c’est l’explosion du service public de l’Éducation nationale pour les co-psy et les CIO

Par - Le 16 juin 2011.

Les Co-psy [ 1 ]Conseillers d’orientation-psychologues ont distribué des tracts et fait entendre leur voix mercredi 15 juin, dernier jour des Premières rencontres des acteurs de l’orientation, organisées conjointement par l’Onisep et le Centre-Inffo à Paris.

Des manifestants attendaient les participants à l’issue de leur colloque : « L’objet de notre présence ici est double », a déclaré une porte-parole Snes FSU au Quotidien de la formation « On réunit les acteurs de l’orientation, mais les CIO [ 2 ]Centre d’information et d’orientation ne sont pas invités, sauf à titre onéreux, ce que notre salaire ne nous permet pas. D’autre part, la procédure de labellisation est en train de se mettre en place et elle prévoit de labelliser les CIO uniquement dans le cadre de conventions locales, signées territoire par territoire avec différents partenaires. »

centre-inffo_manif_2_v2.jpgLes craintes des Co-psy et ldirecteurs de CIO ont trouvé une résonance récemment à Marseille, où la Cité des métiers a postulé au titre d’organisme labellisé. Le projet de convention devant être présenté lundi 13 juin en comité de coordination régional de l’emploi et de la formation professionnelle (CCREFP) prévoyait que les six CIO marseillais soient « réquisitionnés » pour accomplir les activités décidées par la Cité des métiers et assurer l’accueil. Le tout « dans l’anonymat le plus total, puisqu’on n’a pas le droit de se revendiquer de son service d’origine ni de sa qualité », selon la porte-parole du SNES-FSU. En contradiction d’après elle avec le cahier des charges de la labellisation, mais en conformité avec la charte des Cités des métiers. Le texte a été retiré de l’ordre du jour.

Au-delà de cet exemple, c’est le cahier des charges des lieux d’accueil labellisés dans son ensemble que les co-psy et CIO récusent : « il ne tient absolument pas compte de la spécificité des services publics : il nous oblige à rentrer dans le cadre des conventions où il y a mélange des genres. Nous allons nous retrouver avec deux chefs : un responsable hiérarchique, puisque nous sommes fonctionnaires, et un ‘chef de pôle’ qui va décider des actions et des publics prioritaires, qui va fixer les interventions qu’il faut réaliser … Nous avons nos projets de CIO. La priorité c’est le public en formation initiale : nous voulons bien travailler avec les autres structures, comme nous l’avons toujours fait, mais pas dans ces conditions là », a-t-elle insisté.

Pas besoin de changer la loi selon elle. Il suffirait de modifier le contenu du cahier des charges afin que les conventions ne soient plus exclusivement locales puisque les CIO ont des missions nationales. Les accords pourraient être signés au niveau d’une académie « avec des clauses qui préservent les missions, les conditions d’exercice et le statut des personnels » Une demande qui serait valable pour Pôle emploi, les Missions locales : « les conventions locales c’est l’explosion du service public de l’Éducation nationale ! », a estimé la militante de la FSU.

Opposés à la labellisation des Cités des métiers, les co-psy et les CIO veulent bien travailler en coordination, mais refusent de faire passer le service public « sous les fourches caudines d’associations ».

Notes   [ + ]

1. Conseillers d’orientation-psychologues
2. Centre d’information et d’orientation

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