Évaluation du service public de l’orientation : l’articulation en question

Avis de gros temps sur l’orientation ? Après les milliards de la formation professionnelle longtemps évoqués à tour de bras pour réclamer la réforme de la réforme, il semble désormais admis d’une part croissante des acteurs que les limites de notre système de formation professionnelle trouvent une grande partie de ses origines dans notre dispositif d’orientation. De fait, la loi du 24 novembre 2009 avait clairement fait le lien en décidant de la création d’un service public de l’orientation (SPO), destiné à organiser la coordination des quelques 8000 lieux d’accueil et d’information recensés sur le territoire national.

Par - Le 19 septembre 2012.

National, le SPO l’est assurément devenu un peu trop aux yeux de la nouvelle équipe, si l’on en juge par les annonces les plus récentes qui semblent presque anticiper les conclusions du rapport d’évaluation attendu pour la mi-octobre (voir notre article). À défaut d’avoir eu le temps de répondre à la question de savoir si « la création d’une délégation interministérielle à l’information et à l’orientation a permis] de déterminer dans la politique à mettre en œuvre le bon équilibre entre niveaux national et territorial, l’action respective de l’État et celle des Conseils régionaux », les trois inspections mobilisées peuvent déjà avoir une idée de la tendance en se reportant aux déclarations de rentrée. Par exemple, le communiqué conjoint de l’Élysée et de l’ARF en date du 12 septembre, qui annonce la « vocation » des Régions « à coordonner et animer » le SPO (voir [notre article) ou, plus récent, la déclaration de Geneviève Fioraso, ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche, qui annonce la création, aux côtés du ministère de l’Éducation nationale, d’ « un grand service d’orientation territorial qui verra le jour en 2013 »[ 1 ]20 minutes n° 2316, 18 septembre 2012, édition France.

Du Délégué à l’information et à l’orientation Jean-Robert Pitte, qui y voit l’occasion d’expliquer un peu plus de deux ans de travail, à la FSU, qui pourra rappeler son opposition à la régionalisation (voir notre article), la mission d’évaluation n’en est cependant pas moins attendue par l’ensemble des acteurs.

« Une phase de bilan et d’évaluation sur un sujet reconnu important par tout le monde et, qui plus est, qui touche à la répartition des compétences, est tout à fait légitime », nous indique pour sa part Alain Druelles, secrétaire du CPNFP[ 2 ]Comité paritaire national de la formation professionnelle.. Même satisfaction pour un autre représentant des partenaires sociaux interrogés par le Quotidien de la formation, Stéphane Lardy (FO), qui estime lui qu’ « il faut remettre à plat tout ce qui s’est passé depuis 2009 ». Pourquoi ? « Je pense que cela ne fonctionne pas bien et qu’il y a notamment des problèmes de coordination sur les labellisations », estime-t-il en interrogeant : « Comment labellise-t-on ? Pour quoi faire ? Le service rendu est-il à la hauteur ? Je ne le pense pas, nous n’avons pas de très bon retours, cela semble s’être un peu fait dans l’amateurisme », juge-t-il. Et de conclure sur un jugement peu amène pour la DIO : « la DIO veut de l’argent mais ne rencontre pas trop les partenaires sociaux. Le fonds paritaire n’est pas une banque, ce n’est pas un guichet ouvert […] : on doit avoir des retours, de l’évaluation, on doit faire du qualitatif, … ». Soit, précisément ce que devrait contenir le rapport à paraître mi-octobre : « une analyse qualitative des avancées obtenues, des obstacles rencontrés, des modalités de pilotage et d’animation adoptés ».

Notes   [ + ]

1. 20 minutes n° 2316, 18 septembre 2012, édition France.
2. Comité paritaire national de la formation professionnelle.

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