En trente ans, 16 500 Picards auront été accompagnés par le Fongecif

Par - Le 28 octobre 2013.

« Puisque le Fongecif est un organisme paritaire au service de la formation des salariés, il est normal que ce soit un représentant des salariés qui en assure la première présidence. » Dans l’esprit – mais peut-être pas dans la lettre – c’est ce qu’aurait déclaré, en 1983, le secrétaire général du CNPF – futur Medef – du département de la Somme à l’issue de la négociation paritaire ayant donné naissance à ce qui deviendrait le Fongecif Picardie. Lorsqu’il évoque, trois décennies plus tard, ce souvenir, André Fardin, qui en fut l’un des premiers administrateurs côté salariés où il représentait alors Force ouvrière, préfère se rappeler de l’esprit de respect mutuel qui animait alors le dialogue social plutôt que des « résistances, parfois coriaces » qui émaillèrent alors les débats. « A l’époque, ça s’est quand même tiré un peu la bourre pour la présidence, mais certaines personnes ont su arrondir les angles… », confiait-il le 23 novembre à l’occasion de la célébration du trentenaire d’une institution qui, depuis, aura accompagné et financé les projets de reconversion de près de 16 543 Picards.

« Le Cif, encore peu connu du grand public »

Trente ans, c’est aussi le temps qu’il aura fallu pour voir le secteur industriel picard se transformer en profondeur. « Le poids industriel et économique de la Picardie était plus important en 1983 qu’il ne l’est désormais », confesse Jean-François Cousin, directeur du Fongecif régional. Un poids économique qui reposait alors en grande partie sur une industrie textile, aujourd’hui moribonde. « Mais il reste tout de même quelques secteurs industriels traditionnels compétitifs dans la région, comme le pôle métallurgique de Vimeu, à proximité de la baie de Somme. D’autres résistent bien, comme l’industrie sucrière. Enfin, il faut compter sur ces nouvelles activités économiques que la Picardie peut développer grâce à ses atouts naturels, comme l’agro-industrie, la production d’éthanol ou l’éolien. » Mais c’est surtout vers les métiers du tertiaire que se dirigent ceux qui, un jour, viennent frapper à la porte du Fongecif Picardie.

Une porte qui est souvent celle des Mef (maisons de l’emploi et de la formation) qui, initiative régionale, ont intégré les Missions locales à leur réseau et au sein desquelles le Fongecif tient guichet. Et si la Région ne fait pas partie de celles qui expérimentent le service public régional d’orientation (SPRO) qui devrait se voir consacré par le prochain acte de la décentralisation, le Conseil régional travaille cependant sur l’amélioration de l’accueil des publics qui se présentent au guichet de Pôle emploi ou des Mef afin de permettre aux conseillers d’orienter les candidats à la reconversion professionnelle vers les Opca ou les Opacif locaux. Une campagne d’information, dans laquelle s’inscrit le Fongecif, a d’ailleurs été lancée, par le biais d’affiches et de spots radis. « Mais ce n’est pas facile », admet Jean-François Cousin, « le sujet reste peu connu du grand public ».

Les convergences entre Cif-CDD et CPF

Et puis, il y a l’avenir. Un avenir qui, pour le Fongecif Picardie, s’incarne à la fois sur la toile (via une dématérialisation accrue de ses services) et dans son offre de prestations, notamment au travers d’un développement du Cif-CDI, de la VAE et du contrat de sécurisation professionnelle (CSP) via des partenariats accrus avec Pôle emploi, le FPSPP, les services régionaux d’orientation et le réseau des organismes de formation, qu’ils soient privés ou publics. Sans oublier le travail à développer sur le très méconnu Cif-CDD[ 1 ]En 2012, 19% des Cif financés par le Fongecif Picardie — soit 114 en tout — auront concerné des CDD. qui fera l’objet d’expérimentations ciblées au sein de six bassins d’emploi identifiés sur la région. « Un projet mené conjointement par le Fongecif Picardie, Pôle emploi et le Faf-TT, l’Opca du travail temporaire, visant à financer les projets professionnels de personnes qui viennent d’achever un CDD ou une période d’intérim », résume Jean-François Cousin.

C’est précisément avec cette expérimentation en tête que le Fongecif Picardie attend la mise en place du futur compte personnel de formation et déjà, son directeur imagine les possibilités d’interactions susceptibles de se monter. « On pourrait imaginer qu’avec le CPF, les Fongecif pourraient assurer une partie du salaire de l’individu en reconversion alors que celui-ci mobiliserait son compte pour accéder la formation. » Une formule que le Fongecif Picardie applique déjà dans le cas de publics en situation de handicap, selon les modalités du partenariat signé en 2013 avec l’Agefiph.

« Tout cela reste cependant suspendu à la négociation en cours. A voir ce que les partenaires sociaux feront de la collecte. Conserveront-ils le 0,2% Cif-CDI et le 1% Cif-CDD ? », s’interroge néanmoins Francis Cousin. Quant à l’hypothèse d’une future gestion du conseil en évolution professionnelle (CEP) par les Fongecif, elle ne l’effraye pas. « C’est déjà un peu notre métier… » Et d’ailleurs, l’une des opérations prévue à l’agenda du Fongecif picard sera justement la promotion du bilan de compétences auprès des demandeurs d’emploi et salariés. En 2012, 191 Picards en avaient passé un grâce au Fongecif. « Mais on peut faire beaucoup plus. »

Notes   [ + ]

1. En 2012, 19% des Cif financés par le Fongecif Picardie — soit 114 en tout — auront concerné des CDD.

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