Les Entreprises éducatives pour l’emploi veulent accompagner la réforme de la formation professionnelle

Rédigé par . Publié le 23 mars 2018. Mis à jour le 12 mars 2019.

Les 3E (Entreprises éducatives pour l’emploi) ont organisé leur premier séminaire, mercredi 21 mars, à Paris, intitulé « Après le “ Big-bang ” : comment réussir la transformation de l’alternance ? » afin d’exposer leurs propositions dans le cadre de la réforme de la formation professionnelle.

Les 3E regroupe des écoles privées de l’alternance qui forment 100 000 jeunes par an. Elles indiquent représenter près de la moitié des contrats de professionnalisation post-bac conclus en France. Elles « partagent » l’esprit du futur projet de loi. Elles veulent néanmoins s’assurer que « l’équité et la transparence » entre tous les opérateurs qui forment, diplôment et insèrent les professionnels dans le monde du travail seront garanties. « Nous avons déjà rencontré des députés, des représentants des ministères. Ce que nous revendiquons, c’est une capacité à accompagner la réforme », explique Alain Léon, directeur central des opérations du groupe Galiléo Studialis et vice-président de la Commission des relations institutionnelles de la Fédération nationale de l’enseignement privé.

Compétences interprofessionnelles

La volonté du gouvernement de confier la gouvernance de l’alternance branches professionnelles est un point de vigilance : « La tentation des branches pourrait être de privilégier les formations “ métier ” alors que le marché de l’emploi est à la recherche de compétences interprofessionnelles. Cela irait à contre-courant d’une tendance forte du monde du travail », rappelle Pierre Courbebaisse, vice-président de la Fédération de la formation professionnelle [footnote]Administrateur à Centre Inffo [/footnote].

Autre crainte, que le prix du contrat par apprenti – et pour une formation identique – diffère en fonction de la branche professionnelle. « Les entreprises doivent s’allier à nous pour trouver un système simple sinon les organismes de formation auront du mal à faire face », explique Roger Serre, fondateur et délégué général du groupe IGS. Ces organismes de formation souhaitent une harmonisation de la durée des contrats d’apprentissage et de professionnalisation, des aides accordées aux entreprises, des coûts de prise en charge des formations et des salaires des alternants afin que les entreprises choisissent un alternant en fonction de sa formation et de son profil et non pour des raisons financières.

Marges de manœuvre

Les 3E revendiquent de nouvelles marges de manœuvre et notamment la possibilité de se donner un statut, celui d’EBE (Entreprise à but éducatif), qui leur permettrait de constituer des fonds propres et d’investir. Elles souhaitent aussi l’accès de tous les établissements d’enseignement technique à la contribution alternance (qui devrait se substituer à la taxe d’apprentissage) et la création d’une contribution au développement de la formation technique initiale pour soutenir l’innovation pédagogique.
Indépendance

Enfin, ces écoles de l’alternance réclament le maintien de l’indépendance de la CNCP (Commission nationale des certifications professionnelles). « La Commission ne dispose que d’un budget limité mais elle crée du droit et constitue une référence dans la construction des compétences. Peu importe où on l’implantera, mais elle doit rester indépendante sinon tout sera remis en cause », conclut George Asseraf, son président.

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