Muriel Pénicaud plaide pour une co-construction des compétences par les entreprises

Rédigé par . Publié le 14 mars 2018. Mis à jour le 12 mars 2019.

En 2017, la croissance moyenne du PIB a atteint 2 %, l’emploi salarié a progressé et déjà les entreprises peinent à recruter. Tel est le tableau brossé par plusieurs économistes lors de la matinée « Les rendez-vous de Grenelle » qui s’est tenue mardi 13 au ministère du Travail en présence de Muriel Pénicaud. La ministre est revenue sur l’importance de la réforme de la formation professionnelle dans un contexte économique qui renforce encore la question des compétences.

Dans les prochains mois, les problèmes d’embauches finiront peut-être par peser sur la croissance. Face à telle perspective – qui touche d’ailleurs de nombreux pays européens – Muriel Pénicaud a défendu son projet de réforme de la formation professionnelle et l’esprit dans lequel elle entend le déployer. Elle veut inciter les entreprises à prendre part plus largement à la formation des jeunes non diplômés ou ayant subi un chômage de longue durée.

« Les entreprises recherchent chez les jeunes des compétences en terme de savoir-être. Si elles sentent que cette base existe, il est important qu’elles participent alors, à la définition des compétences dont ils auront besoin. Elles doivent co-construire une stratégie de développement de compétences et ne pas être simplement dans la consommation de compétences » – Muriel Pénicault

Actifs acteurs

Dans le même temps, la réforme de la formation professionnelle veut amener les actifs à prendre plus facilement en main leur projet professionnel. « Les entreprises ont des objectifs de formation à court terme. Les actifs doivent pouvoir, de leur côté, faire des choix, mettre en œuvre des projets à long terme. Ils ont besoin de temps et d’argent. C’est ce qui inspire la réforme de la formation professionnelle et l’idée de gratuité du conseil en évolution professionnelle », précise-t-elle.

Disparités territoriales

L’autre objectif, c’est de faire en sorte que la croissance soit inclusive et la formation, par delà les disparités territoriales, peut y contribuer. « Dans les quartiers prioritaires, le taux de chômage des jeunes atteint 25 %. Or, on trouve, dans ces quartiers, en tout et pour tout, 79 centres de formation des apprentis. Il faut mobiliser les acteurs pour faire évoluer l’infrastructure de formation », insiste Muriel Pénicaud.

Avec le Pic (Plan d’investissement compétences), la ministre espère aussi pouvoir faire évoluer la donne dans les territoires les plus touchés par le chômage et la déqualification dès 2018-2019. « Il faut à la fois agir en profondeur et rapidement. On le voit, et c’est très encourageant, la Garantie jeunes produit des résultats rapides en terme d’insertion professionnelle. Il n’y a pas de fatalité. Il y a encore des leviers à activer pour lutter contre le chômage de masse », rappelle Muriel Pénicaud.

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