En Occitanie, les acteurs de l’apprentissage sont à la recherche d’une « régulation intelligente »

Opcalia a réuni à Toulouse le 21 mai les acteurs régionaux de l’alternance afin de réfléchir à des réponses appropriées aux besoins des jeunes, des entreprises et des branches professionnelles.

Par - Le 23 mai 2019.

« L’objectif de tout le nouveau corpus législatif est de donner plus de liberté et plus de responsabilités aux entreprises. Désormais, c’est à elles, avec les branches et les Opco, de définir les compétences et formations dont elles ont besoin pour les métiers d’aujourd’hui et de demain », a expliqué Damienne Verguin, directrice adjointe de la Direccte Occitanie, devant une assemblée d’acteurs de l’apprentissage réunis par Opcalia, organisme paritaire financeur de formations, le 21 mai à Toulouse.

Mais comment réguler la répartition de cette offre d’alternance sur le territoire sans le pilotage de la Région ? « Beaucoup d’acteurs de l’apprentissage souhaitent que la Région conserve une action de régulation, de pilotage, même si elle ne sera plus prescriptive, avec un échange branche par branche, avec les Opco et l’ensemble des acteurs, a témoigné Emmanuelle Gazel, vice-présidente de la Région Occitanie à l’emploi, la formation professionnelle et l’apprentissage. Avec les conventions d’objectifs et de moyens que la loi nous permet de signer, nous pourrions avoir ce dialogue constructif avec les acteurs économiques et décider ensemble d’une stratégie à moyen terme dans laquelle s’inscrirait l’action de la Région ».

Régulation intelligente

« Nous allons vivre deux ou trois ans de turbulences pour les aventuriers de l’apprentissage mais, face à la liberté d’ouverture, il y a des autorités certificatrices, des audits dans les centres de formation, a rassuré Éric Szmata, délégué académique à la formation professionnelle au rectorat de Toulouse. Il y a une régulation intelligente à trouver pour que les besoins soient assouvis et que les entreprises y trouvent leur compte. »

Patricia Jarlot, présidente de la CPNEFP (Commission paritaire nationale de l’emploi et de la formation professionnelle) de la branche Activité du déchet, a reconnu de son côté que « la libéralisation va créer une concurrence, avec quelques snipers qui vont croire faire de l’argent avec alternance, ce qui peut fragiliser certaines structures. » Le groupe Nicollin, dont elle est directrice formation, crée un CFA d’une vingtaine d’alternants afin d’apporter une certification bac + 2 à son encadrement intermédiaire, après avoir consulté la Région, « qui a une antériorité ». « Nous avons des métiers en tension, des besoins de personnel, explique-t-elle. Avec ce CFA, nous voulons promouvoir les personnes en les accompagnant pour éviter les échecs ».

Une commission du Crefop

Les participants se sont aussi interrogés sur la meilleure instance pour assurer une juste répartition de l’offre d’apprentissage. « Le Crefop (Comité régional de l’emploi, de l’orientation et de la formation professionnelles) est un lieu où la concertation doit avoir lieu, même avec les nouvelles règles, a suggéré Yannick Ghoris, vice-président d’Opcalia. Il faut créer en son sein une commission apprentissage qui permette à tous les acteurs, y compris les nouveaux (Opco et branches présentes sur le territoire), d’échanger sur l’ensemble des sujets, les besoins, l’implantation territoriale des CFA et l’accompagnement. » Une option acceptée par la vice-présidente de la région Occitanie.

 

Centre Inffo vous conseille également