L’intersyndicale des Opca poursuit ses échanges avec le gouvernement sur l’avenir de ses salariés

Rédigé par . Publié le 10 janvier 2019. Mis à jour le 12 mars 2019.

Que vont devenir les quelques 5500 à 6 000 salariés des Opca [footnote]Organisme paritaire collecteur des fonds de la formation professionnelle continue agréé.[/footnote] et[ Opacif[footnote]Organisme collecteur paritaire des fonds de la formation professionnelle continue au titre du congé individuel de formation.[/footnote] dans le nouveau paysage de la formation dessiné par la loi du 5 septembre 2018 ? La question est au centre des préoccupations de l’intersyndicale des Opca, qui rapporte des « échanges constructifs » avec l’État. Entretien avec Franck Balleux, délégué syndical CFDT de l’Opca Défi[footnote]Développement de l’emploi et de la formation dans l’industrie, regroupant les industries chimiques, pétrolières, pharmaceutiques et de la plasturgie.[/footnote]

Créée en septembre 2018 (voir notre article), l’intersyndicale[footnote] L’intersyndicale des Opca est composée des représentants des salariés en activité dans les actuels Opca et Opacif, syndiqués (CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT et FO) et non syndiqués.[/footnote]  regroupe aujourd’hui 19 Opca sur 20 et, selon nos sources, bientôt la totalité avec l’intégration prochaine d’Opcaim, l’Opca des industries de la métallurgie via des représentants du personnel de l’Adefim Île-de-France. De quoi s’assurer une représentativité suffisante pour devenir l’interlocuteur reconnu des pouvoirs publics. Reçue le 21 novembre 2018 par Franck Morel, conseiller relations sociales, travail, emploi et formation professionnelle au cabinet du Premier ministre, puis le 13 décembre par Alain Druelles, conseiller à la formation professionnelle et à l’apprentissage au cabinet de la ministre du Travail, l’intersyndicale évoque des « échanges constructifs ».

Environnement formation

Quatre revendications structurent l’action de l’intersyndicale. La première appelle à « maintenir l’ensemble des salariés des Opca et Opacif dans l’environnement de la formation ». Bien sûr au sein des opérateurs de compétences mais aussi, explique Franck Balleux, délégué syndical CFDT Opca Défi, au sein d’autres acteurs amenés à jouer un rôle dans la mise en œuvre de la réforme : Caisse des dépôts et consignations, Urssaf, opérateurs du conseil en évolution professionnelle, commissions paritaires interprofessionnelles régionales, etc. Si le ministère estime que les salariés des Opco seront à terme aussi nombreux, voire plus, que ceux d’aujourd’hui, il n’a pas caché que ce ne sera probablement pas le cas durant la période de transition et qu’il ne pouvait garantir que ce seront « les mêmes personnes aux mêmes places », précise Franck Balleux.

Déploiement progressif

La deuxième revendication vise elle à s’assurer d’un « calendrier respectueux » pour une « transition structurée  ». Rappelant que la précédente réforme s’est déployée sur 3 ans, Franck Balleux souligne que tout ne sera pas achevé au 1er avril 2019, date butoir pour les agréments des opérateurs de compétences. L’intersyndicale en est convaincue, 12 à 18 mois seront nécessaires pour assurer la mise en place des Opco, tant au niveau humain, qu’informatique et financier.

Former

Pour accompagner les entreprises, il faut que les collaborateurs des Opco se forment

D’où la troisième revendication, portant sur l’accompagnement de l’évolution des compétences des équipes à la maîtrise des nouvelles activités. « Pour accompagner les entreprises, il faut que les collaborateurs des Opco se forment », résume le délégué syndical « il ne s’agit plus seulement de vendre de la formation, mais d’apporter du savoir, d’aider à structurer les besoins des entreprises et de comprendre les dispositifs, du Compte personnel de formation à la pro-A[footnote]Nouvelle forme de la période de professionnalisation[/footnote] ». Et d’insister : « il va aussi falloir former les personnels qui vont passer de l’assistanat de gestion au conseil ». Sur ce point, l’intersyndicale dit avoir reçu l’assurance du cabinet de la ministre qu’il y aurait obligation de formation pour accompagner les personnels dans le passage d’une pratique Opca à Opco.

Garantir les moyens

Nous avons besoin d’argent pour fonctionner et, dès septembre 2019, c’est 80 % de notre collecte qui disparaît

Enfin, c’est la question des ressources financières nécessaires aux adaptions à venir qui a été évoquée. « Nous avons besoin d’argent pour fonctionner et, dès septembre 2019, c’est 80 % de notre collecte qui disparaît », souligne Franck Balleux. Qu’il s’agisse d’accompagner les reconversions externes ou internes, l’intersyndicale a également réclamé la mise en place d’une structure financière chargée de gérer une enveloppe globale pour assurer l’égalité de traitement entre Ocpo. Par ailleurs et comme en 2009, l’intersyndicale a demandé à ce que les dépenses liées à la mutation des Opca en Opco – par exemple, pour la création d’un nouveau système d’information – soit considérées comme « fonds exceptionnels » au sein des futures conventions d’objectifs et de moyens.

La date d’une prochaine rencontre avec Alain Druelles, qui n’a pas pu répondre à nos questions dans les délais, n’est pas connue à ce jour. « Peut-être avant la phase terminale des agréments, d’ici au 1er avril, et, dans tous les cas, d’ici à la mi-avril pour un nouveau point d’étape », conclut Franck Balleux.

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