Opco commerce : un accord sans le commerce de gros

Par - Le 14 janvier 2019.

Dénommé l’Opcommerce, le nouvel opérateur de compétence du secteur du commerce se constituera autour de l’ancien Opca Forco. Une grande partie du commerce de gros en sera néanmoins absente, faute de volonté d’adhésion de la partie patronale.

C’est le 11 décembre dernier qu’a été signé l’accord constitutif du nouvel Opco du commerce. Au total, 18 branches professionnelles ont choisi de se rallier à la nouvelle structure. L’ensemble représente 88 000 entreprises et 1,4 million de salariés en équivalent temps plein, précise le dossier d’agrément du futur Opco. Le montant de la collecte en 2020 est estimé à plus de 269 millions d’euros.

Nouveaux arrivants

« L’accord se situe dans le prolongement du Forco, un des Opca qui ressemblait déjà beaucoup aux futurs Opco : très multibranches et avec déjà une logique sectorielle forte », décrit Renaud Giroudet, directeur des affaires sociales de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD, organisation représentative des employeurs) dans un entretien accordé au Quotidien de la formation. Le périmètre de l’ancien Forco est néanmoins élargi, avec l’arrivée notamment des branches de l’ameublement, des fournitures de bureau et de l’électroménager (auparavant chez Agefos PME) et des coopératives de consommateur (auparavant chez Opcalia).

Le commerce de détail de fruits et légumes, épicerie et produits laitiers a également signé l’accord constitutif. « Mais c’est indépendant du contexte de la constitution de l’Opco : il était déjà prévu que la branche rejoigne le Forco au 1er janvier », précise Renaud Giroudet. On notera enfin le cas particulier de la jardinerie : non signataire de l’accord constitutif, elle devrait tout de même rejoindre l’Opcommerce suite à la signature majoritaire par ses partenaires sociaux d’un document le désignant comme opérateur de compétences.

Crispations patronales

La majorité du secteur du commerce de gros sera néanmoins absente. Elle a préféré rejoindre le projet d’un Opco inter-services porté par le Medef constitué autour des Opca Intergros et Opcalia. Une situation à laquelle n’étaient pas favorables les syndicats de salariés.

« Pour la cohérence des métiers, nous souhaitions un regroupement du commerce de détail et de gros. Mais il y a eu dès le départ une crispation très forte entre organisation patronales, en particulier la FCD et la CGI [ 1 ]Confédération française du commerce de gros et international », décrypte Olivier Guivarch, secrétaire général de la fédération CFDT services pour le Quotidien de la formation. Selon Renaud Giroudet, la CGI n’a pas souhaité participer aux négociations. « Ils nous ont toujours indiqué ne pas considérer avoir de proximité professionnelle avec le commerce de détail. Au-delà de la vision de cohérence du champ, on pouvait se dire qu’il était préférable de privilégier la volonté de travailler ensemble ».

Paysage en confettis

Dans les secteurs de l’habillement et de la chaussure enfin, la constitution de l’Opco commerce ne sera pas non plus parvenue à rapprocher les branches du commerce succursaliste et du commerce de détail (ces dernières ayant préféré rejoindre les services de proximité). Un échec qu’Olivier Guivarch attribue également aux délégations patronales. Pour lui, « cette réforme aura révélé un paysage en confettis : il y a une organisation patronale différente par convention collective, chacune n’étant représentative que dans sa branche ».

Les 18 branches de l’Opco Commerce Bricolage ; commerce à prédominance alimentaire (détail et gros) ; commerce à distance ; commerce de détail de l’horlogerie-bijouterie ; commerce succursaliste de la chaussure ; commerce succursaliste de l’habillement ; commerce de détail de fruits et légumes, épicerie et produits laitiers ; commerces de détail de papeterie, fournitures de bureau, de bureautique et informatique ; commerces et services de l’audiovisuel, de l’électronique et de l’équipement ménager ; commerces de détail non alimentaires ; coopératives de consommateurs ; distribution en chaussures, jouets, textiles et mercerie ; entreprises de la filière sports-loisirs ; grands magasins et magasins populaires ; import-export ; négoce de l’ameublement et de l’équipement de la maison ; optique-lunetterie de détail ; professions de la photographie.

Notes   [ + ]

1. Confédération française du commerce de gros et international

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