Régions et partenaires sociaux s’investissent dans la réussite de la réforme

Rédigé par . Publié le 31 janvier 2019. Mis à jour le 12 mars 2019.

Représentants des Régions et des partenaires sociaux se sont engagés à s’impliquer dans la mise en œuvre de la réforme lors de l’ouverture de la 16ème Université d’hiver de la formation professionnelle (UHFP), mercredi 30 janvier, à Biarritz. Mais la vigilance reste de mise sur de nombreux sujets.

« On jouera le jeu », affirme David Margueritte de Régions de France. « Tout le monde a intérêt à aller dans le même sens », ajoute Yvan Ricordeau de la CFDT. « On ne réussira qu’ensemble », estime pour sa part Frédéric Wacheux, directeur de la formation du Medef. « Il faut qu’on transforme l’essai. L’essentiel va se jouer dans l’intelligence collective », affirme de son côté Isabelle Bricard de la CGAD [footnote]Confédération générale de l’alimentation de détail[/footnote] membre de l’U2P. Malgré les oppositions ou interrogations exprimées tout au long de l’élaboration de la loi du 5 septembre 2018, l’écosystème de la formation et de l’apprentissage se mobilise pour faire en sorte que la réforme porte ses fruits.

Coopérations

Ainsi Frédéric Wacheux se dit prêt dans le cadre du Plan d’investissement dans les compétences à travailler avec les Régions dans les territoires pour mieux identifier les besoins en compétences. « Plus nous serons fins dans l’analyse des besoins en compétentes et de la population, plus nous serons efficaces. » Dans ce domaine, le directeur éducation et formation du Medef met en avant la nécessité « d’accompagner les entreprises et en particulier les TPE et PME qui ne savent pas toujours exprimer leurs besoins futurs  ». La CGAD compte également s’emparer de la réforme et voit dans la création des opérateurs de compétences, la possibilité de mettre en place « des outils adhoc pour aider les chefs d’entreprises à trouver les moyens d’envoyer leurs salariés en formation et pour donner envie aux salariés de se former. » De leur côté, les Régions comptent s’investir pleinement dans l’orientation en proposant plus que des informations sur les métiers  : « nous voulons faire de l’immersion professionnelle et multiplier les occasions de stages », indique David Margueritte.

Participer et informer

Pour les organisations syndicales comme la CFDT ou la CFTC, l’engagement dans la réforme passe par l’implication de leurs représentants dans la gouvernance « qu’elle soit nationale, locale ou de branches » précise Maxime Dumont, de la CFTC. Autre axe d’investissement  : la sensibilisation des salariés aux enjeux de la formation. A l’instar de la CFDT, la CFTC met en place des programmes de formation destinés aux délégués syndicaux. Objectif  : « faire comprendre l’importance de la formation et de GPEC, ou encore expliquer les possibilités de coconstruction ou d’abondement  », illustre Maxime Dumont.

Régions et partenaires sociaux se disent cependant vigilants. Les moyens alloués pour l’orientation, pour la majoration des niveaux de prises en charge des contrats d’apprentissage ainsi que pour le transport, l’hébergement et la restauration des apprentis constituent aux yeux de David Margueritte des points d’attention importants.

Dialogue à tous les niveaux

De son côté la CFDT souligne l’importance de la qualité de la phase de transition et de la bonne articulation des missions de France Compétences. « France Compétences doit être un lieu de régulation, c’est gagné, mais ce qui nous importe c’est que ce soit aussi un lieu de dynamique pour impulser les politiques de développement des compétences », indique Yvan Ricordeau. En ce qui concerne France Compétences, Georgette Bréard, de Régions de France (vice-présidente du Conseil régional de Bretagne en charge de la formation professionnelle), estime que « le quadripartisme est présent mais de façon déséquilibrée » au sein de la nouvelle instance. Dans ce nouveau contexte, il faut selon elle « préserver le dynamisme des Crefop ».

Autre impératif selon Yvan Ricordeau de la CFDT : conserver un espace où les partenaires sociaux puissent aborder des thématiques qui leurs sont propres comme les certifications interprofessionnelles. D’où la création récente d’une association nationale réunissant les partenaires sociaux afin de porter ces problématiques comme ils le faisaient auparavant au sein du Copanef.

Les ressources documentaires de la 16ème Université d’hiver de la formation professionnelle

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