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Le travail et la formation en prison doivent servir la réinsertion (Institut Montaigne)

Rédigé par . Publié le 20 février 2018. Mis à jour le 11 mars 2019.

« Parce qu’une prison qui ne réinsère pas est préjudiciable à la société tout entière », le rapport de l’Institut Montaigne appelle à revoir de fond en comble l’approche du travail et de la formation en milieu pénitentiaire. « L’orientation des détenus dès leur arrivée en prison, le développement de leurs qualifications professionnelles, par le travail et la formation, sont deux impératifs majeurs », insistent les auteurs. Pour ce faire, le rapport formule une série de propositions visant à dépasser les logiques cantonnées à l’occupation des détenus, pour inscrire pleinement le travail et la formation dans une logique de réinsertion.

Travail et formation

Les trois premières propositions concernent directement les détenus. Il s’agit premièrement de renforcer la formation et l’orientation professionnelles, en cohérence avec la durée des peines : orientation systématique et pré-qualification pour courtes peines ; développement de la formation professionnelle et de la VAE[ 1 ]Validation des acquis de l’expérience. pour les longues peines ; construction de parcours de qualification adossés au travail. Dans l’objectif de mieux préparer les sorties, la deuxième proposition suggère notamment d’articuler les dispositifs de formation entre la détention, le dehors et l’alimentation du CPF[ 2 ]Compte personnel de formation., ainsi que de promouvoir les structures d’insertion par l’activité économique (SIAE) en détention. La troisième proposition prend acte de l’évolution de l’appareil de production et appelle à intégrer massivement le numérique, tant dans le travail et la formation des détenus que dans la construction de leur projet professionnel.

Gouvernance

Objet de la quatrième proposition, la gouvernance du travail pénitentiaire doit également être revue, avec la création d’une « Agence nationale pour la réinsertion des personnes placées sous main de justice par le travail et la formation professionnelle ».

Professionnalisation

Enfin, les cinquième et sixième propositions ciblent la montée en compétences de l’institution pénitentiaire elle-même. Ceci, par la professionnalisation des agents de l’administration pénitentiaire sur l’insertion professionnelle, mais aussi par la définition d’indicateurs spécifiquement dédiés au travail pénitentiaire et à la formation professionnelle dans les lettres de mission des directeurs.

  • Travail en prison : préparer (vraiment) l’après, rapport de l’Institut Montaigne, 142 p., février 2018 : format PDF – 3Mo

Notes   [ + ]

1. Validation des acquis de l’expérience.
2. Compte personnel de formation.

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